Doit-on s’inquiéter de la collecte de données personnelles par les médias sociaux ?
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A priori, oui puisque pas plus tard que le mois dernier, la commission nationale de l’informatique et des libertés (www.cnil.fr ) a alerté les internautes sur l’utilisation et la commercialisation de leurs données personnelles par les médias sociaux comme Facebook, Myspace et autres.
Les annonceurs (et leurs agences donc …) utilisent en effet ces données pour délivrer des messages ciblés auprès des internautes qualifiés. Alex Türk, actuel président de la CNIL, propose carrément de faire inscrire dans le préambule de la constitution française le droit à la protection des données personnelles.
Il explique que ce qui est déclaré à un moment donné par un internaute peut être enregistré et utilisé bien des années après et que cela pose problème dans le sens où un individu perd alors ce qu’Alex Türk nomme « le droit à l’oubli ».
D’un autre côté, il ne faut pas oublier que ces données sont communiquées par les internautes eux-mêmes et que les cas d’utilisations de ces données par les annonceurs demeurent pour le moment dans un registre plutôt « traditionnel ».
Quoi que l’on puisse penser de ce débat une chose est sure : le fait qu’un organisme comme la CNIL s’intéresse aux médias sociaux va obliger ces derniers à se réguler … et un peu plus d’informations pour tous ne nuira à personne !
D’ici là, tâchons de ne pas sombrer dans la paranoïa … toujours est il que je serais curieuse de savoir combien de comptes Facebook ont été fermés depuis les alertes de la CNIL ?
Comme dit plus bas, je suis loin du paranoïaque de la protection des données personnelles. Par contre, je crois qu’il est absolument nécéssaire que les personnes qui s’inscrivent sur Facebook ou tout autres réseaux sociaux offre aux marketeurs leurs données privées, je suis donc favorable à de « véritables » disclaimers pour clairement informer le citoyen de l’utilisation de ses données.
Moi je trouve que c’est un danger réel, et j’essaie d’inventer des pseudos le plus souvent possible, même si, comme je conserve toujours la même adresse IP…
Il existe des lobbies, des groupes de pressions, qui n’ont aucune considération pour la dignité humaine. En France on a eu la triste expérience de l’amiante, par exemple. Ces groupes peuvent très bien acheter des adresses, des enquêtes d’opinion, avec énormément de précisions personnelles (je pense qu’on peut même savoir quand une personne va dormir), et cela leur donne énormément de poids dans les actions à caractère politique, ou les enjeux de pouvoir sont essentiels.
Ah mais oui c’est vrai, comme tout cela est communiqué par les internautes eux mêmes, les principes de liberté sont respectés, c’est bien sûr ! Et, comme liberté… j’ai choisi entre facebook et linkedin, youpi.
ça fait juste plus de 50 ans que l’individu est fiché, recensé, quantifié et décortiqué par les annonceurs…alors qu’aujourd’hui, on s’alarme de la chose sur Internet, franchement où est le scoop ????
Sorti des quelques pseudo rebelles qui vont avoir l’impression de faire un pied de nez au système en fermant leurs compte facebook, la majorité des utilisateurs et consommateurs remplissent sans complexe leurs fiches de renseignement. Au contraire, la demande d’un vrai relationnel, d’une vraie prise en compte personnelle des besoins et attentes précises des consommateurs n’a jamais été aussi forte. Etre dans les petits papiers de sa marque préférée et s’assurer de faire partie des privilégiés à profiter des meilleurs plans internet auraient même tendance à devenir les nouveaux réflexes de consommation réfléchie.
Quitte à recevoir des messages publicitaires, je préfère qu’ils me correspondent.
Je préfère que ma lecture/visite sur Internet soit parasitée par des pubs pour le prochain concert rock à Lyon (je suis lyonnais et j’aime bien la musique) plutôt que par le prochain concert de Céline Dion à Québec !!
1) la collection des informations personnelles n’intéresse pas que les publicitaires ; mais, dans le cadre de leur travail, c’est effectivement un moindre mal.
2) Il est vrai que depuis 50 ans les choses vont pour le mieux dans le meilleur des mondes de la consommation. Pourquoi ne pas accélérer ?
3) Le concept de consommation réfléchie date d’au moins 1 siècle ; on a découvert très tôt l’intérêt de flatter l’intelligence du consommateur… Surtout, pour une vraie prise en compte, et blablabla, et blablabla. Vous pouvez continuer, c’est absolument sans danger, effectivement.
4) Que les messages publicitaires me correspondent… heu, les internautes du web 2 enfoncent les portes ouvertes, on dirait. Encore une révolution à porter à leur crédit.
Bon, je vais pas faire le procès de la publicité, ce n’est pas tellement le sujet, et ce n’est pas ça qui m’inquiète le plus. Je le suis plus par ceux qui veulent manipuler l’opinion, où, plus directement, cibler des individus ; et pour d’autres objectifs que de les intéresser.
Ah oui, parano. Pardon.
Je suis entièrement d’accord avec Laurent A ! Pourquoi s’offenser de recevoir des messages publicitaires qui nous intéressent. Certes pour certains il s’agit d’une violation de leur vie privée mais cela relance un débat sur les limites de celle-ci : Où commence et où se termine notre vie public/privée de chacun sur le net ? Avec l’arrivée des réseaux sociaux je crois que l’on a repoussé de loin la frontière.
Cette affaire soulève également le problème d’éventuelles discriminations à l’embauche lorsque Facebook (par exemple) est utilisé par les recruteurs (entreprises ou cabinets RH)
Un professionnel RH (pour lequel je travaille) en parle ici :
http://alaingavand.typepad.com/nouvelle_donne/2007/11/facebook-pour-r.html