Vous avez dit « sérendipité » ? – L’art de trouver de que l’on ne cherche pas !

Je dois reconnaitre que j’ai appris un nouveau concept hier : « La Sérendipité« .
Grâce à Henri Kaufman interviewé dans le cabinet des tendances de Darkplanneur TV au sujet de son bouquin « Internet à tout changé » (cf video ci-dessous).

La sérendipité ou « L’art de trouver ce que l’on ne cherche pas »

Ce concept vient d’un néologisme anglais la « serendipity », un mot inventé en 1754 par le philosophe anglais Sir Horatio WALPOLE, pour qualifier la faculté qu’ont certains de trouver la bonne information par hasard, un peu sans la chercher.

Quelques exemples historiques fameux me viennent en tête: Christophe Colomb qui découvre l’Amérique en croyant rejoindre les Indes, Le Post-It trouvé par hasard lors de recherches sur un produit totalement différent, ou bien encore le Viagra conçue a l’origine pour guérir les angines de poitrine !!!

Quel rapport avec le web social me direz-vous ?…Et bien TOUT !

En fait quand on y réfléchit, TOUT le web (social ou pas) ramène à la sérendipité

- Le principe fondateur même du web, L’Hypertexte,  est porteur de ce concept:

On clique, on reclique, on re-reclique et on fini par trouver une info, un site, un service, une personne, un produit que l’on avait absolument pas en tête quelques minutes auparavant et qui tout d’un coup nous semble génial et totalement indispensable..

- De nombreux sites web majeurs se sont développés sur ce principe sérendipité:

Flickr par exemple, a été conçu d’abord comme un ChatRoom avec la possibilité d’échanger des photos…Et que dire de Facebook, à l’origine simple trombinoscope pour les étudiants de Harvard

- Le Real Time Web repose totalement sur ce concept…Mieux il l’accélère:

On « follow » de parfait inconnus sur Twitter, on « RT » des tweet qui nous semblent intéressant…Chaque seconde, des milliers d’avis, de liens, de photos, de videos circulent de plateformes en plateformes…Et pour ma part, je dois dire qu’il ne se passe pas une journée sans que je ne découvre un truc intéressant que je ne cherchais pas !

- Le modèle économique dominant du web 2.0, le « Freemium », exploite complètement ce phénomène:

Puisque la plupart des gens trouvent et adoptent des services presque par hasard, autant leur simplifier l’accès en leur proposant d’utiliser ces même services gratuitement..Puis les inciter à payer pour en avoir un peu plus s’ils sont satisfait.

Si je regarde mon exemple personnel, la plupart des services que j’utilise et pour lesquels j’ai fini par payer ont été trouvé au hasard de mon vagabondage digital et reposent sur le modèle du Freemium: :Feedly, Tweetie, Remember the Milk, Spotify, Drop.io, Prezi

- Même le Buzz du moment, Chatroulette, est l’illustration parfaite de la sérendipité

S’il y a bien un endroit ou l’on trouve ce que l’on ne cherche pas…c’est bien Chatroulette ! Et force est de constater que le succès est énorme, malgré les dérives sexuelles condamnables ( A moins ce que soit le sexe qui soit le moteur du succès de Chatroulette..du coup ça tue mon argumentation, car on sait ce qu’on va y trouver ;-) )

- Pour finir, je pense même que l’addiction au web est liée à la sérendipité.

Car au final qu’est-ce qui nous pousse tous à ouvrir nos navigateurs chaque matin ? Si ce n’est d’aller de surprises en surprises espérant tomber sur une pépite que l’on se précipitera de partager avec notre entourage proche ou moins proche ?

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Pour conclure, je vous propose de découvrir un site musical exceptionnel, From the Basement, que j’ai découvert par hasard au fil des publications des mes « friends » sur Facebook…Une belle illustration de l’art de la sérendipité…Car il y a fort à parier que vous nous vous attendiez pas a découvrir ce site sur ce blog et dans cet article ;-)

Le hasard fait bien les choses non ? Enjoy :-)

From the Basement

13 commentaires pour “Vous avez dit « sérendipité » ? – L’art de trouver de que l’on ne cherche pas !”

  1. Lors d’une conférence du directeur de l’Ecole de Design de Nantes à l’ESSCA récemment, Christian Guellerin nous a également parlé de « sérendipité » : cet état d’esprit doit selon lui faire partie de la démarche de création du designer, qui créé la solution à un problème (le design du produit, donc) en s’immergeant dans un contexte d’utilisation particulier. En observant les utilisateurs et les différentes implications qu’a l’utilisation d’un objet, il développe une solution, un design. De manière « sérendipitaire » 8)

    Un lien vers mon CR de la conférence : http://yannigroth.wordpress.com/2009/12/07/le-design-et-son-ethique-conference-de-christian-guellerin/

  2. merci pour cette note !
    Je suis en train de traduire le livre d’Horace Walpole…
    A suivre…
    Henri

  3. @yannig: Merci pour le le complément d’information. Je suis tout à fait que la sérendipité est une attitude qui favorise la créativité au sens large (pas seulement le design). Le principe même par exemple, d’une réunion de créativité bien menée repose complètement sur ces principes d’association libres d’idées, d’écoutes et rebonds…avec une phase amont d’éloignement du problème…Tout cela est décidemment très sérendipitaire ;-)

  4. @henri kaufman: Super idée, bravo :-) . tu nous tiens au courant ?

  5. Merci pour cet article qui propose une vue intéressante. :)

    Pour moi, le danger vient de wikipédia. Si j’ai le malheur (ou le bonheur ?) d’y mettre les pieds, je finis souvent par y rester quelques heures à cliquer sur les liens en découvrant plein de choses, toutes plus passionnantes les unes que les autres.

    La sérendipité, c’est un peu comme une drogue, mais si bonne… ;)

  6. Le web favorise souvent la sérendipité, mais les médias sociaux ont parfois des effets un peu pervers dans ce sens.
    En particulier dès que l’on étudie les effets de réseau, le crowdsourcing.

    Mettre en avant les solutions validées par le plus grand nombre nuit le plus souvent à la sérendipité. On favorise la solution intermédiaire et enterrons par la même les solutions les plus originales.
    C’est la fameuse théorie qui dit que si Apple écoutait plus ses consommateurs et moins Steve Jobs, ils sortiraient des produits un peu édulcorés, moins innovants.
    C’est pourquoi je conseille systématiquement de ne pas négliger de rajouter un peu de sérendipité dans tout dispositif médias sociaux.

  7. Bien vu le rapport avec le web social.
    A lire, sur le sujet :
    http://lestorytelling.com/blog/2009/10/07/mettons-un-peu-de-serendipite-dans-nos-moteurs/

  8. Le Post-it n’est pas une découverte par hasard mais une application dérivée d’une découverte (le produit autocollar/recollant), ce qui n’est pas la même chose. Tout comme le micro-ondes et le radar.

    A la sérendipité, il faut peut-être ajouter une dimension : le temps. Les britanniques ont pour cela un terme, « happenstance », qui désigne la trouvaille heureuse et fortuite, qui plus est au bon moment. Par exemple au moment critique.

    J’ai donné un nom à une catégorie qui n’existe pas encore, les objets que l’on ne trouve que quand on ne les cherche pas, et quand on fait cela de manière active. Les wila-justlas (billet en lien) sont pourtant bien connus : clés, lunettes, places de parking… ;-)

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