Facebook est un accélérateur et un facteur de changement. Nous l’avons vu en début d’année lors des révolutions du printemps arabe. Mais il n’est qu’un facteur ; d’autres conditions de changements devant être réunies : culturelles, économiques, sociétales, sociologiques, logistiques. Réduire les révolutions arabes à Facebook est une erreur (on peut dire la même chose des émeutes plus récentes en Angleterre). Lire certains experts digitaux interpréter le monde et ses changements au travers de ce qu’il voit tous les jours (Internet et en l’occurrence Facebook) est une erreur. Nous aimons dire au sein The Persuaders que les changements, si je passe maintenant à une vision plus économique en lien avec l’entreprise, sont liés à 4 facteurs, séparés entre les facteurs internes et les facteurs externes.
- Culturel et organisationnel
- Stratégique
- Concurrentiel
- Attentes des cibles visées
L’enjeu Web pour les entreprises aujourd’hui : leur digitalisation
La digitalisation en interne (je vous invite à découvrir le blog Entreprise20.fr) avec la montée en puissance du collaboratif digital, la digitalisation des processus vers l’externe pour aider l’entreprise à jouer son rôle « maternel » de s’occuper et de satisfaire ses clients (la notion de « maternel » renvoie ici à la notion d’entreprise paternaliste, avec la relation entre un employeur et ses salariés). La conjonction des deux amène aujourd’hui la notion de « Social Entreprise ». Les publics d’une entreprise ne se limitent pas à des personnes différentes qui doivent être traitées comme telles par des départements différents. Il faut voir l’internaute sur toute la chaîne de valeur dans une approche 37,2°, centrée sur la personne vs une approche 360° centrée sur la promotion de la marque sur des médias / supports.
Comment s’y prendre ?
La digitalisation est un grand mot et comme pour les démarches externes ne doit pas passer seulement par le déploiement d’outils plus collaboratifs et numériques. L’acculturation de grands groupes est longue mais des signes encourageants montrent que les choses avancent rapidement. Quand je vois Carlos Ghosn intervenir l’année dernière au Web10, quand je vois de plus en plus de top management d’entreprises dites « mortar » s’y intéresser, quand je vois les Ressources Humaines se poser la question d’une charte sur les médias sociaux, quand je vois des banques et des assurances reprendre dans leur publicité TV les codes d’Internet, ce sont autant de signes qui prouvent cette digitalisation.
Pour autant dans le même temps, on sent que toute l’entreprise n’avance pas en même temps. 64% des entreprises françaises bloqueraient encore l’accès à Facebook depuis les postes de travail (source : Karspersky Lab dans une étude relayée sur Usine Nouvelle). Ce chiffre laisse présager de l’ampleur de la tâche à accomplir encore. C’est comme si, on vous donnait un téléphone fixe mais que l’on vous bloquait certains numéros. Comment d’un côté on peut essayer d’avoir des actions pédagogiques et promouvoir les outils collaboratifs, et de l’autre bloquer les outils qui aideraient à meilleur compréhension et acculturation ?
La digitalisation de l’entreprise n’est donc pas celle seulement d’un processus de relation client ou de communication où le Web doit être de plus en plus présent. Il s’agit à la fois du cœur business en réfléchissant à des nouveaux moyens de consommer une offre : bien virtuels, achats groupés – par exemple, le Parc Astérix vient d’annoncer après Voyages-SNCF (Interview avec Yves Tyrode, Directeur Général de Voyages-SNCF.com), le lancement de son appli F-commerce sociale permettant d’acheter des billets avec ses amis -…).
Pour répondre à la question, il s’agit donc à la fois de travailler sur l’intégration du média Internet dans les métiers, de rendre plus cohérente les démarches sur ce support en mutualisant les efforts dans une vision centrée autour du client, mais aussi d’accompagner l’acculturation digitale de l’entreprise au travers des démarches internes et de l’accompagnement à l’adoption de nouveaux outils et nouveaux modes de travail plus collaboratif et réactif.
« C’est comme si, on vous donnait un téléphone fixe mais que l’on vous bloquait certains numéros. » Mais c’est bien le cas ! dans beaucoup d’entreprises, on ne peut appeler l’étranger ou les numéros surtaxés. les salariés trouvent-ils cela anormal ? Si on n’en a pas l’usage pour son poste, pourquoi y donner l’accès ?
je ne dis pas que je suis forcément d’accord, mais pourquoi serait-on forcément dans le libre-accès à Facebook (par exemple) à tous depuis son ordi pro ?
Mon frère est formateur, il ne va sur Facebook que pour parler avec ses amis : pourquoi l’entreprise lui ouvrirait cet accès, alors qu’il a son mobile pour le faire ? Et surtout, pourquoi ouvrir cet accès s’il n’a aucun sens au point de vue pro ?
Après, juste une remarque syntaxique : ne faut-il pas parler de « numérisation de l’entreprise » ? La « digitalisation », ce serait que l’entreprise ait des doigts… (ou alors pour taper sur les salariés…)
Ou alors, reprenant la définition d’un collègue : « le numérique est un format, le digital est un écosystème. » Mais je ne suis pas certain que cela soit clairement compris de tous…
PS : dans pas mal d’entreprises, aussi, vous avez le tél, mais impossible d’appeler des portables… Que des fixes, et pas de 08…
Ne mélangeons pas tout : l’accès restreint dans certaines entreprises au téléphone est pour des raisons budgétaires.
Faisons un autre parallèle avec l’e-mail : quelles restrictions ? Aucune a priori.
Je ne dis pas qu’il faut ouvrir Facebook à tous mais voir certaines directions marketing, communication, produits, ressources humaines, devant à un moment penser aux questions digitales et avoir un accès restreint à ces outils, limite forcément le champs des réflexion. Le points sur lequel je souhaite insister est celui de la dissonance entre des directions qui veulent inciter au collaboratif dans leur entreprise et qui d’un autre côté n’aident pas à ce changement culturel dans l’organisation du travail en laissant ce type de frein existé
Pour le terme, numérisation ou digitalisation, c’est libre à chacun
Je e pense pas que l’ampleur de la tâche restant à accomplir soit si grande, du moins en ce qui concerne la question des accès aux médias sociaux dans l’entreprise.
A la fin du siècle dernier (il y a donc un peu plus de 10 ans), beaucoup d’entreprises n’autorisaient pas les accès internet (webmail, sites, etc.) aux employés et seuls ceux qui travaillaient du côté de l’IT pouvait surfer ne toute quiétude de leur bureau.
Aujourd’hui, ces mêmes entreprises utiilsent des applications déployées hors de leur DMZ et il n’est plus un collaborateur qui n’ait pas accès à l’internet même si certains types de sites restentt inaccessibles
Le fort développement des accès aux applications professionnels sur mobile va déplacer un peu le problème, mais je reste persuadé que les entreprises, dans leur pragmatisme, vont rapidement supprimer ces verrous (surtout s’il y a des gains en perspective).
Par contre et en ce qui concerne les projets collaboratifs, les verrous liés à l’inhibition de certains et aux craintes des autres demandent un peu plus de travail que d’ouvrir des accès.
Merci Cédric pour ce billet utile (une fois de plus)
Merci pour cet article Cedric. Commentaire: Comment chez IBM nous avons reussi notre transformation digitale et sommes aujourd’hui un social business. Et bien, Un social business fournit un nouveau modèle pour les organisations disposées à appliquer des processus plus intuitifs, dans lesquels les employés peuvent collaborer en temps réel avec l’ensemble des services de l’entreprise (et au-delà des pare-feux) afin de prendre des décisions efficaces au moment le plus opportun. Alors voici, comment le numerique aide les collaborateurs d’IBM a collaborer, evoluer dans leur carriere, et de devenir citoyen actif et innovant.En d’autres mots, comment sommes-nous entrer dans L’ère du social business: Chez IBM nous avons investi du temps et de l’énergie pour tirer des leçons dans la façon de devenir un exemple à suivre en matière de social business. Ainsi, en tant qu’IBMers, nous aidons nos clients et nos partenaires commerciaux à bénéficier de cet ensemble émergent de technologies et de pratiques commerciales.
Activer le profil numérique des employes
Que trouve t-on au centre de la stratégie social business d’IBM ? Nous, les IBMers – la richesse de l’entreprise, qui sommes sans cesse en interaction :
pour influencer les décisions et les perceptions de nos clients en même temps que de subvenir à leurs besoins et de répondre aux situations concurrentielles.
pour aider nos clients, les prospects, les employés potentiels, les communautés d’investisseurs et autres groupes d’importances à les rendre plus confiants en choisissant IBM.
pour améliorer la transparence et l’accès au capital intellectuel d’IBM et à sa culture du progrès.
Merci!
@delphineRB
Sur le principe je suis d’accord que bloquer l’usage des médias sociaux tels Facebook et Youtube dans une entreprise témoigne d’un manque d’envie d’appropriation de ces outils (et d’un manque de confiance envers les collaborateurs également).
Cependant je pense qu’il est important de bien prendre soin de séparer Facebook et le réseau social interne, afin de séparer la vie privée des individus que l’on retrouve plutot sur Facebook, et le bureau que l’on retrouve dans les RSE. Et il faut bien faire comprendre aux salariés que ce sont deux utilisations totalement différentes (hormis bien sûr pour les webmarketeurs)
En réalité, le problème n’est pas tant l’accès au outils de médias sociaux que l’utilité que l’entreprise pense en avoir, et contrairement à ce que beaucoup semblent penser, la majorité des entreprises n’ont que peu voir pas d’intérêt, ou plutôt ne voient que peu ou pas d’intérêt à utiliser les médias sociaux, et donc à en ouvrir l’accès à leurs employés.
Je travaille pour une société à qui j’ai proposé de mettre en place une « stratégie » dans l’esprit prôné sur ce blog (référence), même si je ne suis qu’un petit scarabée en la matière.
Ayant conscience de son utilité dans mon autre activité de freelance, je me suis naturellement dit que ça aboutirait forcément, d’autant plus que de nombreux exemples encourageants existent.
Et bien non! Ainsi la réalité des uns n’est pas nécessairement celle des autres, même en ce qui concerne la digitalisation des entreprises !
Et merci de dire que Facebook ne peut pas faire de révolution à la place d’un peuple !
Ça fait du bien de le lire.
Dommage que votre titre comporte un calque de l’anglais.
« La révolution ce n’est pas Facebook, c’est la digitalisation de l’entreprise »
Il aurait fallu écrire « La révolution ce n’est pas Facebook, c’est la numérisation de l’entreprise »
Bonne journée.
@Michel Laurence
) le Social Business.
Ce n’est pas un calque de l’anglais.. mais bien le terme qui est aujourd’hui employé dans les entreprises françaises sur ce sujet d’accompagnement de la mutation digitale de l’entreprise (métiers, services, produits) pour aller vers ce que nous appelons (et là le terme est totalement anglais