De l’urgence d’anticiper votre présence sur Google+

C’est donc hier que Google à ouvert la possibilité de créer des pages pour les annonceurs dans Google+. Attendue depuis plusieurs mois, cette ouverture a certainement du provoquer un afflux massif des utilisateurs, et surtout des marques qui avaient anticipé. Je me suis beaucoup amusé à constater que ceux qui prophétisaient la mort de Google+ dans les semaines passées annonçaient hier en fanfare la création de leur page. Je ne suis pas là pour me moquer, mais ce regain d’intérêt spectaculaire pour Google+ illustre parfaitement la force de frappe de Google que l’on a trop rapidement sous-estimée. Ceci s’explique tout simplement par le fait que s’il y a encore de nombreux sceptiques quant à l’efficacité des médias sociaux en terme de branding, CRM ou commerce (les investissements sont timides et limités), lorsqu’il est question de Google, l’heure n’est pas à la réflexion, mais à l’action. Autant une marque qui n’est pas présente les médias sociaux rate de nombreuses opportunités, autant une marque qui n’optimise pas sa présence sur Google est… inexistante (littéralement).

Des avis partagés de spécialistes, mais un ralliement massif des annonceurs

Google a-t-il gagné la partie ? Non pas réellement, car si le succès de Google+ est assuré, ils ont encore un sacré retard par rapport à la concurrence (principalement Facebook), et ce malgré la présence massive des annonceurs sur YouTube. Cette ouverture a ainsi fait naitre des railleries entre Facebook et les équipes de Google+ (Google+ head responds to Zuckerberg: “We’re delighted to be underestimated”) de même que des avis très partagés :

Les avis exprimés se valent, par contre, j’ai pu constater que les choses vont beaucoup plus vite sur Google+ que sur les autres supports (le nombre d’inscriptions, le déploiement de nouvelles fonctionnalités, la rapidité d’exécution des annonceurs…). Ce phénomène est dû à l’héritage de l’expérience accumulée sur les autres plateformes sociales : Qui sait animer et modérer une présence sur Facebook et Twitter sait également le faire sur Google+, l’interface est différente, mais les mécaniques sociales sont les mêmes. Les premiers annonceurs présents font ainsi preuve d’une étonnante vivacité : Day 1 of Google+ Pages: The Muppets Fall Flat, But Brands Are Trying to Engage et Google+ Brand Pages vs. Facebook Fan Pages.

La page Google+ de Burberry

Depuis hier j’ai interrogé par plusieurs de mes clients sur l’intérêt d’ouvrir une page. Ma réponse est des plus pragmatique : Si les pages dans Google+ sont présentées comme l’arme ultime des commerçants (lire à ce sujet le guide officiel), les marques nationales y trouveront un intérêt évident : la complémentarité des services et le référencement. Pour le moment Google+ est étroitement lié avec YouTube et les listes de résultats de recherche (au travers de Direct Connect), dans un futur proche, les pages Google+ seront également liées aux autres services de Google : Maps, Shopping, Offers, Music, AdWords, DoubleClick, Analytics… (cf. Plus de sophistication pour les offres de social analytics, Google en embuscade).

Des possibilités encore très limitées, mais l’argument massue du référencement

Pour le moment, les possibilités offertes par pages marques sont encore très restreintes : pas d’URL courte, la page n’est administrée que par un seul compte qui ne peut être transféré, impossibilité de transformer un compte… (cf. I wish I had never heard of Google+’s brand pages). De plus, les Contest and Promotion Policies sont très restrictives (“Vous ne devez pas organiser de concours ou tombolas ni proposer des offres, des bons de réduction ou toute autre promotion du même ordre“). Pour vous la faire courte, ces pages sont très loin de proposer le niveau de sophistication des fan pages de Facebook, mais elles vont être enrichies au fur et à mesure. La question que l’on est en droit de se poser est alors la suivante : Facebook en tant qu’outils de social marketing / CRM aura-t-il toujours une longueur d’avance ? Difficile de le dire pour le moment, car les équipes de Google+ partent de loin, ce qui peut être un avantage comme un inconvénient.

Ceci étant dit, je réitère ma position au sujet de Google+ : Votre marque doit être présente. La justification est la suivante : Une présence sur un seul support n’est pas viable sur le long terme. Passée la période d’expérimentation, vous devez envisager la présence de votre marque sur LES médias sociaux (Facebook, Twitter, Youtube, Wikipedia, Google+…) , donc sur plusieurs supports afin de multiplier les opportunités et de réduire la dépendance à une plateforme. Dans l’absolu, il est tout à fait aberrant de n’ouvrir qu’une seule page Facebook et d’y publier un contenu spécifique (vous n’êtes pas chez vous sur Facebook). La configuration idéale est de produire des contenus et de les diffuser sur les médias sociaux pour générer des conversations et interactions sociales qui vont poser les bases de votre construction communautaire, VOTRE communauté, pas un regroupement artificiel de fans sur Facebook.

Dans tous les cas de figure, si vous êtes présent sur Google, alors vous devez être présent sur Google+ sinon vous allez être indirectement pénalisé dans votre référencement (One Move That Would Guarantee Google+ Beats Facebook). Ceci est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Une mauvaise nouvelle, car cela va engendrer plus de travail pour votre équipe d’animation / modération, mais le but de votre présence est de générer plus de conversations et interactions sociales, pas de les limiter, non ? La bonne nouvelle est que vous allez pouvoir bénéficier du renfort des équipes et des budgets de référencement qui sont nettement plus conséquents, et qui ne sont pas soumis à des tergiversations (“je ne m’engage pas tant que l’on ne m’apporte pas la preuve du ROI“). L’ouverture des pages Google+ va donc être le bon prétexte pour passer à une approche industrielle des médias sociaux et d’impliquer d’autres métiers que le marketing ou la communication.

Puisque vous n’avez pas le choix, autant s’y mettre tout de suite

Comme nous venons de le voir, le rôle primordial de Google dans toute présence sur internet force les annonceurs à s’intéresser à Google+. La question n’est pas de savoir s’il faut y aller, mais plutôt de savoir qu’y faire. Encore une fois, je ne pense rien vous apprendre en disant que les possibilités pour les marques sont encore très limitées et qu’elles vont s’enrichir très prochainement. Ce qui laisse donc le temps à vos équipes de monter en compétences. Tout comme vos équipes ont dû s’approprier Twitter, son fonctionnement, les us et coutumes, elles devront se familiariser avec les spécificités de Google+ (les cercles, les hangouts, les ripples…).

Cette phase d’appropriation est particulièrement cruciale, car Google+ ne s’est pas contenté de copier les autres plateformes. La gestion des cercles est ainsi une particularité dont il va impérativement falloir tenir compte. Pour le moment il n’existe pas de moteur de ciblage comme sur Facebook, il va donc falloir compenser avec une gestion très fine des cercles comme levier de segmentation. De même, le peu d’APIs disponibles pour le moment sur la plateforme ne permettent pas de faire de la mesure d’audience de façon précise, même s’il existe déjà des offres comme celle de SocialStatistics.

L'interface d'analyse d'audience de Google+ proposée par SocialStatistics

Autant vous prévenir tout de suite : la courbe d’apprentissage est plutôt longue, car Google+ est une plateforme plus sophistiquée qu’elle n’y parait et parce qu’elle va s’enrichir très rapidement.

Les prochaines étapes pour votre marque vont donc être les suivantes :

  1. Ouvrir une ou plusieurs pages (en fonction de la façon dont vous segmentez votre approche) de préférence avec un profil utilisant une adresse email pro ;
  2. Compléter la description de votre page (avec les liens de la page “About“) ;
  3. Inclure le bouton sur votre site web pour le lier à votre page (Associez votre page Google+ à votre site) ;
  4. Surveiller de près la procédure de certification des pages (dont on ne sait encore pas grand chose) ;
  5. Intégrer Google+ dans vos outils et procédures de veille / modération ;
  6. Commencer à diffuser / relayer des contenus pour être visible dans les sparkles en rapport avec votre activité (“étincelles” en français) ;
  7. Définir des KPIs spécifiques aux fonctionnalités de Google + et les inclure à vos tableaux de bord ;
  8. Aligner vos actions de SEO / SEM en fonction des évolutions de la plateforme (il va falloir bouger très vite pour gagner des points) ;
  9. Surveiller la disponibilité de nouvelles APIs pour pouvoir gérer plus facilement les comptes multiples ou multilingues ;
  10. Bien réfléchir à la portée de vos opérations de recrutement de fans sur Google+, et notamment aux conséquences que cela pourrait avoir sur votre référencement en cas de non-respect des CGU (et donc d’un bannissement).

Cette liste n’est pas exhaustive, loin de là, elle va surtout être amenée à évoluer avec les enrichissements de la plateforme. Et pour celles et ceux qui se posent la question : Non, vous n’aurez pas à définir de stratégie de présence sur Google+, simplement à mener des actions tactiques pour vous conformer à une architecture de présence plus globale sur les médias sociaux, elle-même alignée sur la stratégie de la marque.

15 commentaires pour “De l’urgence d’anticiper votre présence sur Google+”

  1. Petite question ; ces pages sont comme vous le soulignez reliée à un profil. Comment diable pour une société sérieuse avoir un “profil” relié a une personne physique, suceptible dehcnager a tout moment, pour gerer ses marques (qui elles ne changent pas) sachant que google n’accepte ni pseudo ni noms bidons.
    A part relier les pages G+ au nom du CEO et encore (celui peut changer aussi!) sans meme parler de l’impossibilité de transferer ces pages entre comptes, comment diable vos clients gèrent ils cela ?

    C’est édifiant qu’ils soit impossible, tant sur FB que sur google, d’avoir un profil relié a une personne MORALE pour gerer les activités “sociales” de sa société sur le web… Nombre de petites boites relient cela au profil du “petit-jeune qui fait du web” avec toutes les conséquences le jour ou il se fait lourder…

  2. @ MoiMeme > Effectivement, le fait de devoir utiliser un profil “réel” est problématique dans le monde de l’entreprise, et encore plus quand la gestion des pages est sous-traitée à une agence. Vu le nombre de critiques, je pense que les équipes de modération vont très rapidement accepter la création de profils génériques qui ne serviront qu’à la gestion d’une page. En tout cas puisque c’est possible sur Facebook, ça le sera sur G+.

  3. Je m’étonne juste qu’après avoir fait patienter les entreprises pendant de longues semaines, Google+ Page n’ai pas proposer directement un système de landing page qui lui soit propre…

    Résultat ; pour l’instant la différentiation entre un profil et une page est plus que légère !

    A force de nous faire patienter, Google+ risque d’en voir partir beaucoup juste après la création de la page… car la créer c’est une chose, l’animer et l’alimenter en est une autre ^^

  4. Merci pour ces conseils mais vous avez oublié une information importante selon moi, il y a très peu d’utilisateurs actifs sur GG+ !
    Je comprends bien l’intérêt SEO, mais si personne ne vient consulter ces pages quel intérêt? Les marques devront-elles augmenter leur budget pub pour attirer les visiteurs? Alors qu’elles font déjà de la pub sur Facebook ou en dehors pour promouvoir leur fanpage?
    En parlant de Facebook vous parlez de la présence d’une marque sur LES réseaux sociaux, je pense que ceux-cités sont tous différents et d’un point de vue SMO remplissent des rôles très différents, alors que GG+, d’un point de vue SMO toujours est finalement très proche de Facebook. Il y a d’ailleurs de grandes chances que les CM postent le même contenu sur les deux plateformes et ne proposent pas de contenus exclusifs, quand on voit que c’est encore souvent le cas entre Facebook/Twitter il y a fort parier qu’ici ce sera la même chose.
    Bref pour conclure si je vois bien l’intérêt SEO, la très longue avance de Facebook au niveau SMO et les efforts considérables déjà engagés par les marques et par les utilisateurs pour s’approprier FB et les fortes similitudes entre les deux réseaux me poussent à penser que cela n’est pas gagné pour Google+.

  5. C’est surtout l’audience qui est limitée à 40 millions de geeks power users mâles.
    Pas vraiment le terroir le plus propice pour du racolage commercial….

  6. Perso, j’avais un doute sur la création d’une page pro pour l’entreprise pour laquelle je travaille. Nous nous sommes posés certaines questions :
    -n’est ce pas simplement du duplicata de “Page” sur le web ?
    -est-ce que ce “matraquage” de Page n’aura t’il pas l’effet inverse sur l’image de marque. A force de voir la marque partout, ça devient du spam ?
    -comment se différencier dans le contenu par rapport à nos Pages FB ou W ?
    -en revanche, nous nous sommes dits, partageons nos news (etc…) sur nos comptes perso.

    Et puis là, à la lecture de ton article, il y a certains arguments à prendre en compte :
    - “dans un futur proche, les pages Google+ seront également liées aux autres services de Google : Maps, Shopping, Offers, Music, AdWords, DoubleClick, Analytics”
    -”Une présence sur un seul support n’est pas viable sur le long terme”

    Par conséquent, nous allons nous lancer dans l’aventure G+….en espérant vite avoir la possibilité de gérer à plusieurs les Pages. Un seul compte c’est très limité.

    Laurent B, je ne suis pas d’accord avec toi, il n’y a pas que des “geeks power users mâles” dans G+…ou alors beaucoup dans tes cercles ;)

  7. Puisque vous n’avez pas le choix, autant VOUS y mettre tout de suite.

  8. Papier intéressant, mais le potentiel SEO de Google + n’est pas officielle, alors que vous en faites une banalité. D’où tenez-vous ceci ?
    Et que signifie que l’absence d’un site sur G+ pénalise indirectement son SEO ?

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