Des médias sociaux au Social Business
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Sur ce blog, nous parlons depuis déjà plusieurs années des médias sociaux. Nous rappelons depuis ces débuts l’importance de la compréhension de la dimension sociale et participative plutôt que le simple aspect média (présence d’une marque sur de nouveaux supports de communication). Nous avons ainsi évoqué depuis plusieurs mois maintenant la notion de Social CRM (Du Social Media au Social CRM)… terme des lors repris à la mode par certaines agences et éditeurs. Quelque soit le terme utilisé, et que certains utilisent comme un phénomène de mode pour leur promotion, la réalité elle, et les attentes des clients, sont bien durables.

Cette transformation, évolution, révolution que doivent aujourd’hui opérer les entreprises est donc bien d’entrer durablement dans un monde social. L’idée n’est pas seulement d’y rentrer par le biais d’un Community Manager ou sou l’angle unique de la communication, mais d’intégrer les attentes nouvelles des clients sociaux dans la sphère de l’entreprise.

Je vous avais laissé en 2011 avec ce dernier article où j’abordais la notion de maturité digitale des entreprises : Les entreprises vers la maturité digitale ? Je reprends donc en 2012 la discussion là où nous l’avions laissé en allant voir plus loin et en abordant la question du Social Business.

Trois clés pour réussir

  • Intégrer le « social » dans toutes les sphères de l’entreprise : que l’on soit un employé responsable de l’expédition des produits ou un directeur marketing, chaque maillon de la chaîne de valeur d’une entreprise, même s’ils sont impactés à différents niveaux, doivent être sensibilisés aux enjeux des médias sociaux. La communication et la perception de la qualité d’un service proposé par une entreprise se fait à chaque niveau individuel. Un employé qui parle mal de son employeur sur les médias sociaux, au delà des risques juridiques encourus, ou pas, (Pourra-t-on bientôt insulter son patron sur Facebook ?), crée une dissonance potentielle dans la communication de l’entreprise. Regardez l’exemple de Free : beau teasing depuis des mois sur le lancement de l’offre mobile, belle présentation de Xavier Niel, le jour du lancement… et patatrac, 24 heures après, le Web s’emballe non plus autour de l’offre ou de la réaction des opérateurs historiques, mais aussi à cause d’une employée de Free se faisant passer pour une cliente mécontente de Bouygues Telecom et faisant part de son mécontentement sur la page Facebook de la marque. Au delà d’avoir utiliser sa vraie identité, c’est ce genre de comportement de la part d’employés qu’il faut éviter… et cela passe par la sensibilisation et le déploiement de démarches sociales au sein de l’entreprise. La démarche part d’un bon sentiment d’un employé, fier de son employeur et de la stratégie produit menée, mais au final cette bonne volonté risque plus de nuire à l’entreprise.

  • Penser à l’intégration du social au sein de vos produits et services : la très grande majorité des démarches menées depuis des années par les marques sur les médias sociaux jouent autour de leur communication et la promotion de produit. L’idée est alors de s’appuyer sur la participation et la capacité d’influence des internautes, pour faire parler, faire du bruit… faire le buzz comme dirait JM Morandini. Or, aujourd’hui les produits et services eux mêmes doivent intégrer cette dimension sociale, connectée et personnelle.

  • Une social team pluridisciplinaire ? La plupart des grandes entreprises ne se posent plus la question de la pertinence ou pas d’une présence sur les médias sociaux, mais celle notamment du ROI et de l’organisation liée. L’organisation idéale n’existe pas car elle dépend du marché, des ambitions de l’entreprise, de sa stratégie, des démarches déjà en place, du niveau de compréhension interne… Toutefois, une règle commune nous semble pertinente à appliquer, celle de la pluridisciplinarité. Les médias sociaux ne sont pas seulement du ressort de la communication, du marketing, du web, ou de la relation client. Ce sont toutes ces composantes qui sont à intégrer au sein d’une démarche Social Business complète. L’organisation doit reflétée cela et doit intégrer ces métiers au sein d’une Social Team dédiée ou fonctionnant sous le mode d’ambassadeur délégué au sein des différents départements (cf. Une dilution des pratiques sociales dans l’organisation grâce à la social business unit).

Le « Social Business Framework »

Nous pourrions donner d’autres éléments de réussite… Une démarche Social Business est une prise en compte des médias sociaux au travers des enjeux et opportunités qu’ils représentent pour la stratégie de l’entreprise, le développement de la culture et des modes de fonctionnements internes, l’intégration dans les dispositifs menés (communication, CRM, commerce). Le schéma ci-dessous représente cette démarche hollistique (cf. The What And How Of Social Business).

Ainsi plutôt que de poser la question s’il faut partir des médias sociaux ou de l’entreprise 2.0, il s’agit bien de mener les batailles de front et de manière coordonnée.

7 commentaires pour “Des médias sociaux au Social Business”

  1. Merci Cédric pour ce billet!
    L’interdisciplinarité qu’implique les medias sociaux au sein de l’entreprise va certainement se mettre en place par vagues successives. On annonce la fin des « silos », quand on est du côté du conseil ou de l’expert en media sociaux, ce que je partage tout à fait; mais dans l’organisation d’une moyenne ou grande entreprise, c’est une véritable révolution que cela nécessite, avec une maturité de tous les collaborateurs, une prise de risque de la direction et une agilité certaine.
    Nathalie

  2. Bonjour Cédric,

    Merci pour ce billet très intéressant. Le phénomène de dilution des frontières entre le pro et le privé qu’impliquent les réseaux sociaux est intéressant à observer.

    Crois-tu qu’une organisation doit sensibiliser ses collaborateurs au travers d’une contractualisation des limites à ne pas franchir sur le web ? As-tu déjà vu au travers de tes rencontres ce type de réaction ?

    Reynald

  3. Bien vu. Il manque cependant encore tout un pan : celle de l’intégration verticale. Tout n’est pas relation client, marketing et communication et on voit bien que la partie purement collaborative en mode 2. 0(la partie inférieure de ta roue) peine à pleinement décoller car déconnectée des activités métier. Je pense qu’on va aller vers de plus en plus de convergence entre outils métiers, processus et social pour que ce dernier devienne un facteur d’accélération de l’exécution et de la prise de décision.
    On le voit avec l’approche salesforce/chatter autour du processus de vente (avant d’aller plus loin), ce que peut proposer SAP, le social project management (http://duperrin.com/blogs/lotusphere/2012/01/20/le-social-au-service-du-business-lexemple-du-social-project-management/)

    PS : Au fait tu verras que la notion de social business framework a été posée il y a plus d’un an…sur une facette totalement différente de la problématique (http://www.ibm.com/developerworks/social/)

  4. @Bertrand

    Je te rejoins pleinement sur cette interconnexion entre la dimension sociale et collaborative externe avec ce qui passe en interne, au sein des entreprises. Nous tirons le même constat à savoir qu’aujourd’hui on se préoccupe plus de l’externe, de son image et de son e-reputation, que d’assurer la digitalisation sociale de l’entreprise. Nul doute que les efforts en 2012 et 2013 seront plus forts sur cette partie interne que ce qu’il n’était jusque là. Il faut également dire que la plupart des entreprises ont pris de plein fouet cette vague du social media et ont d’abord du adapter la partie visible de l’iceberg avant de s’attaquer à la partie immergée… qui est bien souvent plus grande et plus complexe à faire changer.

  5. @Reynald

    J’avais la même question vendredi dernier lors d’une intervention dans un grand groupe Français. Il n’y a pas de règle aujourd’hui. Ce que l’on constate par contre est qu’il y a toujours en interne des accords et des chartes afin de faire respecter un ensemble de bons usages, encore plus lorsque ces usages sont faiblement répandus et sont liés à une notion de risque fort pour l’entreprise (image, …). Après, chaque entreprise a sa propre culture et ses us, comme une communauté ou tribu finalement. Vouloir appliquer des règles vues chez d’autres, chez soi n’est pas toujours la même solution car toutes les entreprises ne fonctionnent pas de la même manière. Le poids de la direction générale est également important et l’accompagnement des métiers et des collaborateurs n’est pas qu’une affaire de RH ou de comm interne mais bien de stratégie d’empowerement de ses collaborateurs.

  6. @Bertrand Duperrin : oui l’intégration en interne des usages est plus longue. Et pour cause : l’outil peut bien créer et faciliter les passerelles, des connexions, etc, il y a la culture de l’entreprise à faire changer, ce qui prend forcément du temps. Ce qui est important en la matière est que les dirigeants donnent le « feu vert », le droit pour chaque collaborateur de parler, questionner, échanger. Les silos sont utiles pour être opérationnel, et les passerelles pour éviter la rigidité.
    Pixar a très bien compris tout cela (plutôt ses fondateurs) : quelques règles formelles puissantes amorçent le changement de culture. 1° chacun peut parler à chacun (la prise de parole doit être sûre (safe) et 2° chacun peut explorer des pistes hors-missions (par le biais de projet temps libre dont la seule contrainte est d’être travaillés de manière transparente avec un feedback / interaction permanents dès le début des projets)

    à bientôt

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