Diversification, intégration et nouvelles ambitions pour Google+

En ce moment la bataille fait rage sur les chiffres et sur la croissance de Google+ (Bientôt 1,5 milliard d’utilisateurs de Google+ ?). Il faut dire que depuis le lancement de la plateforme, Google ne communique pas beaucoup sur les chiffres et semble privilégier une approche « sous le radar ». Je ne reviendrais pas sur le nombre d’utilisateurs (qui est beaucoup trop subjectif), mais je peux néanmoins vous fournir une liste de points de vue très divergents sur le taux d’engagement ou l’intérêt d’être présent pour une marque : New Google Plus Data Shows Weak User EngagementGoogle+ and Top Brand Engagement: My Own Small StudyGoogle+ Brand Pages Continue to Show Growth, Increased Engagement et Luxury Brands Have Highest Google+ Brand Engagement.

Je me suis déjà exprimé sur ce sujet (Quel sera l’impact de l’intégration de Google+ dans les résultats de recherche), et je constate personnellement que tous mes clients sont curieux d’en savoir davantage sur Google+ et sur ce que l’on peut faire avec. Ce que je constate également, c’est qu’avec les récents changements, Google+ semble avoir atteint un nouveau stade de maturité dans son développement. J’ai eu récemment l’occasion de pouvoir en discuter avec les équipes de Google France (notamment Raphaël Goumain, le directeur marketing des produits grand public, mais également Clément et Elsa que je salue au passage). Je vous en propose donc un résumé.

Google+ est le nouveau Google

Cette rencontre avec les équipes de Google France a été l’occasion de clarifier le positionnement du « produit ». La première chose qui m’a été dite est que Google+ n’est pas un réseau social, c’est une couche sociale qui unifie l’ensemble des services. Pour être plus précis, la volonté de Larry Page est de faire en sorte qu’il n’y ai plus qu’un seul Google. Il y a donc eu dans un premier temps un gros travail d’harmonisation entre les services : charte graphique, CGU unifiées et intégration progressive des services.

La genèse du projet est la suivante : pendant 13 ans, les équipes se sont efforcées de répondre aux questions des internautes sans savoir qui ils étaient. Mais ils se sont rendu compte que les utilisateurs identifiés trouvaient plus rapidement ce qu’ils cherchaient. Leur démarche a donc été de mieux connaitre les utilisateurs pour personnaliser les résultats. D’où le choix de ne pas lancer un service distinct, mais de tout agréger. Google+ est donc le nouveau Google, celui qui se soucie de l’internaute, de son contexte et de ses besoins.

Concrètement l’idée est de proposer une nouvelle expérience reposant sur la personnalisation, mais qui ne serait pas forcée (car il est possible à tout moment de désactiver l’option Search + Your World.

La dernière page d’accueil en date de Google+

Une diversification à outrance par l’intégration de services existants

Si vous allez de temps en temps sur Google, vous vous êtes sans doute rendu compte que la plateforme évolue souvent. Elle est de plus, régulièrement enrichie des autres services de Google. Ainsi, ces trois dernières semaines, nous avons eu droit à :

Les commerçants de votre quartier sont déjà dans Google+

Donc ça ne chaume pas chez Google et l’intégration des différents services est maintenant quasi complétée. Vous noterez qu’une emphase particulière est mise sur la vidéo avec la volonté de Google de simplifier la vidéo-conférence et de rentrer en concurrence frontale avec Skype. La possibilité récente de diffuser un Hangout depuis son téléphone Android ou de publier un Live Hangout sur YouTube devrait ouvrir de nombreuses possibilités pour les événements, les concerts, la couverture de l’actualité chaude pour les journalistes… Tout ceci sera amplifié dès que Google Music sera disponible en France (visiblement ce n’est pas gagné…).

Un accompagnement plus poussé des annonceurs

Comme précisé en début d’article, les annonceurs se posent beaucoup de questions sur l’utilisation qu’ils peuvent faire de Google+. Pour les aider à mieux appréhender les différentes possibilités, un travail d’évangélisation et d’accompagnement a été entrepris par les équipes commerciales. Une tâche de grande ampleur, car la plateforme évolue tous les mois.

La page officielle de Peugeot sur Google+

À ce jour, un certain nombre d’annonceurs sont déjà présents :

Vous noterez par ailleurs que l’on commence à voir apparaitre les pages de marque dans les résultats de recherche (Google launches enhanced listings for brands) :

Les pages de marque remontent dans les résultats de recherche

De même, des actions d’évangélisation des PME / TPE / commerçants sont également entreprises au niveau local (initiée à Portland aux US et en test dans la région de Marseilles en France). L’objectif de ces actions est de commercialiser les offres traditionnelles de Google tout en sensibilisant aux possibilités offertes par Google+.

De nouvelles dynamiques communautaires

Je pense ne pas me tromper en disant qu’à ce jour, Google+ est la plateforme sociale la plus sophistiquée (même s’il ne faut pas envisager Google+ comme un produit isolé). Son lancement tardif a ainsi permis aux équipes de  mettre en place des mécaniques sociales plus complexes avec notamment les cercles. Je vous recommande à ce sujet la lecture du très bon livre de Paul Adams, dont les travaux sont à l’origine des cercles de G+.

La précision des cercles permet ainsi d’améliorer la qualité des interactions sociales et des conversations. Il y a certes un petit temps d’adaptation pour bien en comprendre le mécanisme, mais vous pouvez dès à présent voir fleurir sur Google+ des dynamiques communautaires qui n’existaient pas ailleurs comme des cours de cuisine collectifs via les hangouts ou des photowalks dans toutes les grandes villes : Virtual Photo Walks on Google+ allow the sick and disabled to explore the world.

Profitant de cette émulation, les équipes de Google ont d’ailleurs organisé le mois dernier une rencontre spécialement dédiée aux photographes : Google+ Photographer’s Conference.

Serait-ce un début de construction communautaire verticale ? Sûrement…

Une composante majeure du knowledge graph

Vous n’êtes pas censé ignorer qu’il s’est passé un petit quelque chose du côté du moteur de recherche cette semaine (La recherche passe à l’ère sémantique et sociale). Je ne suis pas dans le secret des dieux, mais j’ai ma petite théorie à propos du rôle de Google+ dans cette bascule : avec les profils Google+, l’objectif de Google est d’associer tout contenu ou interaction sociale à un internaute. L’objectif ultime de cette démarche va donc être de replacer l’internaute au centre du web (par opposition aux pages ou aux documents). Ceci n’est qu’une théorie, mais je veux bien la confronter à vos réflexions.

En tout cas, j’espère qu’avec cet article vous y voyez un peu plus clair dans la stratégie de Google et surtout dans l’évolution de ses produits. D’autres évolutions devraient normalement suivre dans les prochaines semaines…

3 commentaires pour “Diversification, intégration et nouvelles ambitions pour Google+”

  1. Posté par François a dit : le

    Passionnant, bravo pour cet article !

  2. Posté par LastVideo a dit : le

    Sujet très intéressant et article bien construit avec beaucoup d’informations.

  3. Posté par Sébastien Magro a dit : le

    À rapprocher de l’opération séduction dont les muséogeeks (acteurs du numériques dans les musées) font l’objet de la part de G+, comme Gonzague Gauthier l’indiquait il y a quelques temps : http://gonzagauthier.wordpress.com/2012/05/09/google-fait-la-manche/.