Les médias sociaux en panne d’inspiration ?

Tout comme dans l’habillement, j’ai comme l’impression que les entrepreneurs de la Silicon Valley se prennent au jeu de la saisonnalité pour nous sortir régulièrement le nouveau Facebook. La première moitié de l’année 2012 a ainsi été secouée par le « phénomène » Pinterest, un modèle qui a entrainé dans son élan de nombreux concurrents. L’année a également été marquée par les lancements retentissants de nouveaux services censés révolutionner le marché comme Highlight (une application mobile de géolocalisation) ou Airtime (le nouveau bébé de Sean Parker qui ressemble un peu trop à Chatroulette, autre startup saisonnière qui semble avoir trouvé une seconde vie).

Bref, tout ça pour dire que la rentrée 2012 apporte son lot de (soit-disant) nouveaux services révolutionnaires, qui sont en prime cautionnés par des entrepreneurs de renom. Il y a tout d’abord Branch, une plateforme de discussion lancée par Biz Stone et Evan Williams, les co-fondateurs de Twitter. Ils ambitionnent d’en faire le nouveau Wikipedia, mais ce service me fait plus penser à un Quora allégé.

Branch, la nouvelle plateforme conversationnelle des co-fondateurs de Twitter

Les mêmes co-fondateurs de Twitter, au travers de leur incubateur Obvious, ont également lancé Medium, un outil de publication simplifié (à mi-chemin entre TumblR et Blogger) qui met l’accent sur la publication collective et la curation (Medium is well done, but is it the future of publishing?). Rien de très révolutionnaire si ce n’est une mise en page minimaliste.

Medium, la nouvelle plateforme de publication des co-fondateurs de Twitter

Nous avons ensuite Zeen, un service de création de magazine en ligne, lancé par Chad Hurley et Steve Chen : Here’s A Look At The Secret New Project From YouTube’s Cofounders.

Zeen, le nouveau service de publication des fondateurs de YouTube

Enfin nous avons Best of all Worlds, un nouveau réseau social ultra-sélectif lancé par Erik Wachtmeister, le créateur de A Small World : Un nouveau Facebook pour l’élite des internautes.

Le nouveau réseau social ultra-select

Que dire de toutes ces nouvelles plateformes sociales, si ce n’est que nous tournons en rond. J’ai la très nette impression qu’après l’euphorie du web 2.0 et la vague de startups des années 2005 (YouTube, Facebook, Twitter, Groupon…), nous sommes plus dans une phase de déploiement vers les masses que d’innovation. Si les investisseurs du Nasdaq s’impatientent, c’est parce qu’ils sentent eux aussi que le SoLoMo s’essouffle. Pour pouvoir trouver de nouvelles innovations, il faut plus chercher du côté des services ToDaClo (Evernote, Hunch, App.net…) qui ouvrent de nouvelles perspectives, sans néanmoins promettre de ruptures.

Cela veut-il dire que le secteur de l’internet est condamné à un rythme d’innovation au ralenti pour les prochaines années ? Non pas forcément, car certains acteurs investissent lourdement dans de l’innovation pure (Google) et d’autres pourraient nous surprendre (pour pas Yahoo! sous l’impulsion de sa nouvelle CEO). Par contre, concernant les médias sociaux, je doute que nous voyions éclore dans les deux prochaines années un service révolutionnaire qui va bousculer la donne. Ce n’est pas plus mal dans la mesure où cette révolution est plus culturelle que technologique, et le chemin à parcourir pour que les marques appréhendent parfaitement la dynamique sociale (proximité, transparence, dialogue…) est encore très long.

6 commentaires pour “Les médias sociaux en panne d’inspiration ?”

  1. Posté par Fabien Henon a dit : le

    Avis très intéressant et assez vrai. Nous tournons en rond ne proposant que quelques nouveautés souvent futiles pour essayer de se démarquer des autres.

    Cependant je ne doute pas que quelque chose de révolutionnaire pointe le bout de son nez rapidement

  2. Posté par Jean-Philippe a dit : le

    Je partage complètement votre point de vue. Voire, je suis encore plus interrogatif que vous : trop de réseaux sociaux tuera-t-il les réseaux sociaux ?

    Accessoirement, on croule sous l’infobésité (les 2 sont évidemment liés). La difficulté, même avant Internet, était de mettre la main sur la bonne info avant ses concurrents. Avec le web 2.0 la barre est encore plus haute.

    Bref (1) : il faut être de plus en plus sélectif avec les réseaux sociaux.

    Bref (2) : rien de changer sous le soleil : la pertinence de son réseau n’est pas la quantité mais la qualité des personnes qu’on y rencontre.

    Bref (3) : l’auberge espagnole et la rencontre autour d’un verre sont de plus en plus d’actualité

  3. Posté par Denis a dit : le

    En même temps les utilisateurs commencent a saturer. Ceux qui voulait être sur les réseaux sociaux ont essayé les plus connus, pourquoi aller ailleurs alors que les contacts sont là, car le plus pénible sur les réseaux sociaux, ce n’est pas l’inscription, mais se refaire une liste d’amis. Et pour se répéter encore une fois ailleurs ?
    J’ai l’impression qu’il y a saturation.
    Il faudrait la faillite de facebook ou twitter pour qu’un autre service le remplace. La concurrence est trop dur.
    Et bientôt, les gens font finir pas se lasser de tout ça.

  4. Posté par Arnaud a dit : le

    Tout à fait d’accord avec Denis, on commence sincèrement à saturer.
    Si ne nouveaux réseaux sociaux apparaissent, il faut qu’ils apportent réellement un intérêt.

    Très bon article.

  5. Posté par Cby a dit : le

    Je ne dirai pas qu’Internet est en manque d’inspiration. Et pour cause !
    Nous avons lancé il y a peu If I Was Free un site dont le concept est que tout le monde peut laisser une empreinte et bénéficier de la visibilité globale du site.

    Avec pour le moment un certain succès.

    http://www.ifiwasfree.com

  6. Posté par tirados a dit : le

    Trois fois oui !

    A un bout du spectre on demande aux entreprises d’inventer des services gratuits, sociaux, innovants, révolutionnaires, avec pour but de générer une communauté de 50 millions d’utilisateurs en 3 jours et prête à faire une entrée au NASDAQ au bout de 6 mois (bonjour le stress).

    De l’autre, au sein de l’agence où je bosse, je vois arriver des patrons de PME avec une seule question : « Bonjour, je veux un Facebook mais avec la possibilité d’empêcher les fan de commenter. Et aussi, si je peux avoir 10 000 fans pour la fin de la semaine prochaine c’est parfait ! ».

    Et si on donnait du temps au temps juste pour voir ?

    Et si on prenait le temps de se poser les bonnes questions. Le genre de petite question simple à poser mais dont la réponse implique une réflexion de fond dans le genre : Quelle valeur ajoutée pour mes clients si je mets en place une page facebook ? Est-ce que Twitter va me permettre d’offrir à mes clients et mes collaborateurs plus de confort au quotidien ?

    Nouveaux outils et façon de penser anciennes…la prochaine révolution digitale est en marche, elle se déroule entre nos deux oreilles et elle demande du TEMPS :)

    Enjoy,