Sears et Kmart se lancent sur les traces d’Amazon avec une plateforme de social shopping

Grande première dans les médias sociaux avec le lancement « officiel » de deux plateformes de social shopping d’envergure : MySears et MyKmart. En fait ces deux plateformes sont en gestation depuis l’année dernière mais sont maintenant rentrées dans une phase plus industrielle avec une large communication autour de cette initiative. Oui c’est une très bonne chose car il s’agit à mon sens de la première expérimentation « sociale » de deux distributeurs de cette envergure (respectivement 1.400 et 1.200 points de vente pour un C.A. supérieur à 23 milliards de $).

La page d'acceil de MyKmart
La page d'accueil de MyKmart

Les deux plateformes sont quasiment similaires et proposes un certain nombre de fonctionnaltiés « sociales » comme les notes et critiques de produits (comme sur Amazon ou Yahoo! Tech) :

Un produit noté sur MyKmart
Un produit noté sur MyKmart

Il y a également une section pour faire des suggestions collaboratives (comme le Dell IdeaStorm ou ce que propose FeedBack 2.0) :

Les suggestions sur MyKmart
Les suggestions sur MyKmart

Il y a aussi des forums et blogs ainsi qu’un réseau social où l’on peut parcourir les profils des membres (comme sur ImSaturn) :

Les membres de MyKmart
Les membres de MyKmart

Voici donc une très belle plateforme de social shopping qui illustre l’ambition de Sears / Kmart dans ce domaine. Vous apprécierez également les passerelles avec d’autres plateformes sociales comme MySpace, Facebook, Twitter ou YouTube.

Du coté des distributeurs français, Castorama a depuis longtemps investi dans une communauté mais qui n’est pas aussi structurée que celles citées plus haut. De même, nous avons l’illustre exemple du blog de Michel Edouard Leclerc (depuis plus de quatre ans). Sears et Kmart semblent donc vouloir aller plus loin avec ces deux plateformes dont on devine le potentiel (même s’ils n’en sont qu’au tout début).

Toujrous est-il que je ne peux que saluer cette initiative de la part d’un distributeur pour donner plus de visibilité à ses clients et leur accorder plus d’attention. La distinction est subtile mais elle a son importance car le distributeur se substituent ainsi aux marques pour assurer un travail de « terrain » sur les médias sociaux et collecter des feedbacks bruts auprès de la communauté.

N’hésitez pas à me faire part de démarches similaires d’autres distributeurs nationaux ou européens.

Vers le « real time search » ? Nouveaux enjeux pour Twitter et Google

Je définirai simplement le « Real time search » par la recherche dans les conversations instantanées. Pour certains, nous sommes en effet passés aujourd’hui avec l’utilisation d’outils comme Twitter, Friendfeed ou la valorisation de l’instantané sur  Facebook, dans l’ère du « Real Time Web ». Vous pouvez échangez en temps réel avec vos amis, et ce de manière publique, semi-publique (avec une groupe autorisé), ou privé. L’information se consomme à chaud et à une durée de vie courte sur des outils comme Twitter. L’important c’est l’instantané.

Personnellement, je pense que l’on est loin d’être encore entré dans cette nouvelle ère même s’il faut reconnaître que des outils comme Twitter marquent une avancée dans les usages du Web. Par contre de là à dire que les internautes lambda sont prêts à passer à cette étape alors que beaucoup découvrent seulement le terme Web 2.0, ça serait aller vite en besogne (cf : Les 5 raisons pour lesquelles Twitter ne deviendra jamais grand public).

Pour en venir au fond de cet article, je voulais m’intéresser à la recherche. En effet, la recherche, et en premier lieu, Google est le premier moyen d’accéder à la manne d’informations disponibles sur Internet. Que l’on utilise des outils de recherche verticale (cf : Recherche verticale ou méta-recherche) ou des outils classiques comme Google, il n’en demeure pas moins que pour la grande majorité des sites Internet d’entreprise ou de blogs, le référencement et être bien positionné dans les moteurs de recherche est de la première importance. Toutes les nouvelles notions aujourd’hui de Personal Branding (gestion de son identité numérique personnelle) ou de Social Media Optimization (Optimisation de sa présence sur les medias sociaux) continuent à s’axer sur le fait de maitriser ce qu’il se dit de soi ou de sa marque lorsque l’on fait une recherche.

L’importance du real time search

Il est donc important, à l’heure où la densité d’informations est toujours plus grande, à l’heure où l’information à une durée de vie de plus en plus courte, et à l’heure du real time web, d’avoir les outils de recherche adaptés.

C’était à ce titre que l’année dernière Twitter avait racheté le moteur de recherche qui lui était dédié, Summize, accessible aujourd’hui depuis http://search.twitter.com. La recherche est tellement importante que c’était la principale demande des utilisateurs et qu’aujourd’hui Twitter intègre directement sur Twitter.com le moteur de recherche.

Déjà pour la recherche dans les blogs par exemple de Google, le classement par date permettait de s’assurer d’avoir les informations classées chronologiquement. La recherche évolue et les nouveaux critères également puisque les nouveaux enjeux sont :

  • Trouver l’information la plus récente
  • Préciser le type exact de résultats que vous recherchez
  • Savoir ce que vous recherchez
  • Trouvez les mots clefs qui définissent le mieux votre recherche

On peut même résumer cela en une phrase : La recherche doit évoluer vers le filtre de l’information pour permettre aux internautes de trouver rapidement l’information la plus pertinente et la plus récente (cf : De la recherche au filtre de l’information)

Et quid de Google ?

Je vous rassure, Google qui assoit sa domination actuelle avant tout sur la domination du monde de la recherche, et ce dans tous les domaines (vidéo, pages, blogs, images, livres, …) s’intéresse depuis déjà quelques mois à Twitter. Finalement la rumeur qui n’en était pas une n’a aujourd’hui pas débouché sur un rachat de Twitter par le géant Google. Tourefois Google n’en demeure pas moins actif dans le domaine du « real time search » comme nous l’annonce cette semaine cet article de Techcrunch : Google lance de nouvelles options de recherche et déclare la recherche en temps réel sa nouvelle priorité.

D’autres moteurs alternatifs comme Scoopler, OneRiot, ou encore TweetMeme, essaient également de se positionner sur ce créneau de la recherche en temps réel.

T-Mobile: Event + Social Media marketing: l’équation magique ?

Vous avez sans doute vu ou entendu parlé de cette très belle opération montée par T-Mobile , Live for Sharing pour le lancement du téléphone G1 (Google Phone) en Grande Bretagne ?

Je suis particulièrement sensible à ce type de démarche, compte-tenu de l’agence dans lequel je travaille: Le Public Système, dont les gènes sont emprunts de culture événementielle.

Live for sharing T-Mobile

De mon point de vu, la stratégie de T-Mobile  illustre parfaitement la complémentarité entre une approche évènementielle et le web d’aujourd’hui.

D’une part dans les 2 cas, on s’adresse à des « communautés », plus qu’à des « cibles », et la dimension relationnelle et humaine est plus que fondamentale. Et que l’on soit sur le terrain ou sur le web, et il s’agit de procurer une « émotion forte » auprès des participants ou des visiteurs.

D’autre part, la combinaison web+event est assez vertueuse:

En effet, l’évènement, par nature éphémère et local, voit dans le web une source de visibilité et de Buzz jusque là inespéré…Et le web y voit une formidable opportunité de diffuser un contenu « waouh » générateur d’audience…

Enfin, last but not least, cela permet également d’objectiver une forme de R.O.I au travers de l’audience et du buzz généré par l’action évènementielle et par la possibilité de renvoyer vers un site ou une offre commerciale sur le web, comme c’est le cas pour T-Mobile.

Donc, pour revenir à T-Mobile, ils n’en sont pas leur coup d’essai.

Tout avait commencé avec ça:  La création d’une véritable comédie musicale en Gare de Liverpool Station. La video avait fait à l’époque un Buzz énorme tant l’effet est waouh !..

Le Challenge était donc difficile à relever pour faire encore plus fort et plus participatif. Mais l’intelligence du dispositif été d’utiliser Youtube comme media de Prébuzz.

La marque donnant rendez-vous à Trafalgar Square le 30 Avril entre 6 et 7pm aux Internautes ayant vu la video de la comédie musicale précédente, une sorte de FlashMob video:

Et le Jour J à l’heure H, 13 500 personnes sont venus spontanément chanter « Hey Jude » pour un Karaoke géant organisé par T-Mobile.

Le live est évidemment filmé et retranscrit sur un chaîne événementielle de Youtube (cf copie écran en haut de ce post),

Et renvoi vers une autre chaîne plus focusé sur des démos du téléphone G1.

Youtube G1 TMobile Channel

En capitalisant sur cette association Event + Social Media Marketing, T-Mobile parvient à combiner un objectif d’image :
Donner vie sur le terrain et sur le web à son positionnement « Live for Sharing »

Et un objectif business:
en canalisant le buzz vers des contenus à objectifs plus commerciaux et produits via le web.

A l’agence, nous avons déjà monté ce type de d’opération, notamment celle-ci particulièrement remarqué et primé pour Renault F1 Team, avec, entre autre, cette video qui a fait le tour du monde en 48H en octobre 2006 (il y a très longtemps donc ;-) )

Clairement, la rentabilité d’une telle opération est tout à fait démontrable, ne serait-ce qu’en équivalent média.

Le plus difficile est  sans doute de convaincre des annonceurs de « sortir du cadre », à savoir l’éternel primetime TV et spot 30″ dont l’audience ne cesse d’être dégradée et morcelée…Mais ça c’est une autre histoire et croyez-moi,  on y travaille :-)

L’évolution des médias sociaux et leur impact sur les consommateurs

Le cabinet Forrester Research a récemment publié une étude qui a fait sensation : The Future of the Social Web. Rédigée par Jeremiah Owyang, un gourou du social marketing, cette étude fournit une catégorisation très intéressante des différents stades de maturation des médias sociaux :

fiveerassocialweb

Cinq ères y sont ainsi décrites :

  1. L’ère des relations sociales qui décrit les réseaux sociaux d’ancienne génération (avec profils et listes d’amis) ;
  2. L’ère des fonctionnalités sociales avec l’émergence des plateformes sociales comme Facebook où il est possible de greffer des applications ;
  3. L’ère de la colonisation sociale où les utilisateurs vont pouvoir exporter leur graph social à l’aide de technologies d’authentification comme Facebook Connect ou Google Profile ;
  4. L’ère du contexte social où les sites seront personnalisés en fonction du profil du visiteur ;
  5. L’ère du commerce social où les communauté d’acheteurs influeront directement sur la conception des produits / services.

Une vision très optimiste du futur puisqu’elle sonne la fin des formulaires d’inscription ! Je vous propose maintenant de rentrer dans le détail de ces « prédictions ».

Tous les acheteurs ne sont pas encore hermétiques à la publicité

Il y a tout d’abord un excès d’optimisme en ce qui concerne l’importance que vont avoir les communautés d’acheteurs. L’auteur prévoit que d’ici deux ans les groupes vont ainsi supplanter les marques. Je veux bien être d’accord sur le fait que l’impact des publicité traditionnelles sera de plus en plus faible, mais cela ne concerne qu’une seule tranche de la population (la plus connectée), le reste sera toujours fortement sensible à une belle pub (comme par exemple la dernière de Chanel avec Audrey Tautou) ou au contraire complètement hermétique pour des raisons économiques (les plus pauvres se rabattent sur les marques de distributeurs et hard discounters car ils n’ont pas le choix).

Je veux également bien admettre que les internautes ont maintenant à leur disposition un certain nombre d’outils (blogs, forums…) pour donner leur avis et faire du lobbying auprès des fabricants / fournisseurs de services, mais cela ne concerne que les marques les plus faibles. Des marques fortes comme Apple ou Google imposent leurs produits / services sans solliciter la communauté, et cela ne risque pas de changer en deux ans.

L’influence des « amis » en question

De même, l’auteur parle de « peer-to-peer trust » et de l’influence suprême des amis et relations dans l’acte d’achat, mais l’on en revient toujours à la question de « qu’est-ce qu’un ami« . Je veux bien croire que l’on peut faire entièrement confiance à un ami d’enfance, mais qu’en est-il d’une simple relation dans votre (longue) liste d’amis sur Facebook ? Et que dire aussi des stratégies d’influence mises en place par les marques pour essayer de toucher leurs cibles au travers des « amis et relations ». Est-ce que cette notion d’influence des « amis » n’est pas biaisée ? Faut-il ne plus considérer comme des amis ceux qui relayent les campagnes d’influence de marques ?

De mon expérience personnelle, je peux vous assurer que les « blogueurs influents » et autres « leaders d’opinion » (cible privilégiée des campagnes d’influence) subissent une forme de suspicion permanente quand à l’indépendance de leurs propos dès que cela touche à une marque ou que cela ressemble à un conseil d’achat. Bref, la légende du « peer-to-peer trust » à du plomb dans l’aile et mériterait un peu plus de précision.

L’utopie de la personnalisation 1to1 à la sauce sociale

Pour finir, et c’est le point le plus important, je suis plus que sceptique quand à cette notion de social context et de personnalisation du contenu en fonction du profil des internautes. Les vieux de la vieille se souviendront sans doute que ce débat n’est pas jeune et que le coup de la personnalisation 1to1 remonte aux années 2000. Pour raccourcir une longue histoire, disons que c’est une utopie principale portée par des vendeurs de solutions informatiques, une mécanique de personnalisation performante est bien trop coûteuse à mettre en oeuvre et n’a jamais réellement prouvé son efficacité (lire à ce sujet un billet qui date de 2003 : A bas la personnalisation, vive la simplicité d’usage !).

Soyons sérieux : qui peut réellement comprendre mes besoins / contraintes / motivations / freins à partir de mon profil Facebook ou de ma playlist Deezer ? Aussi étendu que soit mon social graph, je doute fortement qu’il soit raisonnable de penser que mes connaissances ou mon comportement sur une plateforme sociale vont pouvoir aider les marques à modéliser mon profil d’acheteur. Éventuellement si je vais visiter le site de Renault, que j’accepte de m’y authentifier avec mon compte Facebook (sur lequel il est préciser que je suis marié et père de 2 enfants), est-il juste de penser qu’il ne faut m’afficher que les informations relatives aux modèles monospace ? Et si j’ai envie de m’acheter une seconde voiture ? Et si je me renseigne pour un autre membre de ma famille ? Bref, l’idée est bonne mais sa mise en application pose beaucoup trop de problèmes sans pour autant répondre à un besoin clairement exprimé.

Et pourtant, plus rien ne sera comme avant

Malgré ces points sur lesquels je suis sceptique, il n’en reste que les marques vont devoir s’attendre à une véritable révolution dans les prochaines années : la clairvoyance des consommateurs. Après ½ siècle de domination des formats publicitaires broadcast (émetteur > cibles), les consommateurs ont appris à se méfier des stratégies publicitaires des marques et à détecter une fausse promesse (« ma lessive lave plus blanc« , « avec ma mousse à raser vous aurez plus de succès auprès des femmes« …).

Les marques seront à l’avenir jugées sur la qualité de leurs produits / services plutôt que sur l’image que la campagne de pub veut faire rentrer dans vote cerveau. Il ne sera plus possible de compenser : si un produit n’est pas bon, ça se saura immanquablement (idem pour les produits « moyens » qui ne parviendront pas à sortir du lot).

La bonne nouvelle dans cette histoire c’est que les médias sociaux sont là à la fois pour sanctionner un mauvais produit mais également pour nourrir la marque de feedbacks directs de la communauté pour améliorer / repositionner son offre. Ce sera donc un grand rééquilibrage des budgets pub / marketing qui ont trop longtemps été vampirisés par les grands médias : moins d’achat d’espace et plus de marketing de terrain.

En tout cas c’est ma conviction, d’autant plus en temps de crise.

Médias sociaux et marketing de terrain

Jusqu’à présent, quand une marque souhaitait faire un bilan de notoriété, elle devait avoir recours aux instituts de sondage qui se chargeaient de descendre dans la rue et les magasins à la rencontre des consommateurs. Maintenant elle dispose d’un média formidable : les médias sociaux (blogs, forums, réseaux sociaux, microblogs…). Non seulement ils sont librement accessibles, mais en plus ils sont « livrés » avec tous les outils nécessaires (moteurs de recherche, classements…). Ça n’a l’air de rien, mais c’est un changement majeur dans la façon dont les marques peuvent appréhender leur relation avec les clients / prospects.

Non je ne suis pas en train de vous parler d’une nouvelle pratique marketing (certains appellent ça le social marketing ou le pinko marketing) mais bel et bien de marketing tout court.

Ne confondez pas marketing et e-marketing direct

Évacuons tout de suite l’ambiguïté qu’il peut y avoir avec des pratiques comme l’emailing : quand je parle de marketing, je fais référence à du travail de fond (étude des besoins / contraintes / motivations / craintes des clients et prospects, analyse de la valeur perçue, collecte du feedback des utilisateurs…) qui va venir nourrir une stratégie ; pas de tactiques visant à booster les ventes de façon ponctuelle (Emailing, achat de mots-clés…).

Je ne suis pas en train de dire que ces pratiques ne sont pas efficaces, juste qu’elles répondent à une logique court terme et qu’elles ont malheureusement trop tendance à venir compenser une lacune au niveau stratégie de marque (positionnement, promesses…) qui se payent cher dans les médias sociaux car les clients mécontents mâchent rarement leurs mots quand ils s’expriment.

Une interface directe avec les consommateurs

Au même titre que les visites en point de vente ou sur les plateaux de call-center, être présent sur les médias sociaux est un moyen très efficace pour les marques d’être sur le terrain pour :

  • Analyser les réactions du marché à un produit / une offre ;
  • Vérifier le positionnement réel d’un produit vis à vis de son univers de concurrence ou la valeur perçue d’une marque ;
  • Étudier le cheminement des prospects en quête d’informations ou d’avis préalablement à l’acte d’achat (recherche d’alternatives) ;
  • Être à l’écoute des clients dans leur phase de possession d’un produit ou de l’exploitation d’un service (sentiment post-achat) ;
  • Aanticiper la phase de renouvellement…

Bref, les médias sociaux représentent une opportunité unique pour les marques de recueillir des données qualitative brutes (pas de filtre ni d’interprétation) sur leur marque, leurs produits, leurs clients / prospects… C’est une authentique mine d’or librement accessible. Bien évidement il y a un travail important à fournir pour collecter et analyser tout ceci mais je trouve très regrettable d’externaliser cette tâche. Autant une campagne de buzz (et autres opérations coup de poing) peut être sous-traitées à une agence pour diverses raisons (manque de temps, de connaissance…), autant il est abhérant de perdre ce lien direct avec le marché.

Voilà pourquoi je considère que tout le travail de recherche et d’analyse des conversations sur les médias sociaux devrait être assimilé à du travail de terrain et être reconnu en temps que tel, pas comme la dernière mode du moment (« comment vous n’avez pas de tweet de déstockage ?« ).

Je sais bien que ce travail peut-être converti en coût humain (les fameux ETP ou Équivalent Temps Plein), mais quoi de plus important que d’être en contact direct avec ses clients / prospects ?

Mais… mais… suis-je encore en train de parler du fameux calcul de ROI d’une présence sur les médias sociaux ? ha bha oui tiens ! Comme quoi le sujet est vraiment d’actualité (après tout c’est la crise, ils n’arrêtent pas de la répéter à la TV et la radio).

Susan Boyle, un Buzz plus fort qu’Obama

Susan Boyle vous connaissez ?…Franchement, il y 2 jours moi non plus…;-)

Susan Boyle

Et pourtant cette brave dame vient de battre tous les records d’audience en terme de videos vues sur Youtube: Plus de 100 Millions de visionnage en 9 jours seulement !!!…Officiellement plus fort que les discours d’investiture d’Obama selon Google.

En fait Susan Boyle, c’est l’histoire du vilain petit canard revisité à la sauce 2.0.

Concrètement, tout est partie de l’émission « Britain got Talent »…Une version UK d’incroyable talent, avec cette video (embed impossible désolé…les ayant droit ont fait supprimer la fonctionnalité sur Youtube, afin de favoriser le trafic vers le site et ses annonceurs…)

youtube Susan Boyle

Un casting improbable, un physique pas facile, un accueil quelque peut cynique du jury et du public…ET VLAN, la claque, la nana a juste une voix qui touche le coeur et devient une star interplanétaire en 9 jours: Invité par Larry King dans son show sur CNN, repris par le NYTime,  analysé très sérieusement sur les raisons de son succès soudain…


Même la planète Geek  sur Twitter, n’échappe pas au phénomène…

Twitter Susan Boyle

Quand au magazine Wired, il pose la vraie question: 100 millions de videos vue et aucun revenus sur Youtube car la video n’a pas été monétisée (perte estimée 500 000 USD quand même)…

Glooups, encore un Buzz qui ne rapporte rien ;-)

C’est surtout une grande leçon d’humilité pour nous autres marketers du web qui cherchons toujours à mettre en place des mécaniques et dispositifs de plus en plus sophistiqués pour « Faire du Buzz », comme on dit, à l’image de l’action Sprite/Youtube décrite ici dans un précédent article de Fred.

Cela nous renvoie à la seule et unique chose qui, de mon point de vue, compte vraiment: La qualité, originalité, la créativité du CONTENU.

Sans cet ingrédient indispensable, point de Buzz, et point de salut pour les agences et les marques ;-)

yeswecansusan

Sprite expérimente la Web Télé-réalité sponsorisée avec Green-eyed World

Vous connaissez la web télé-réalité ? Mais si enfin, ce sont ces émissions de télé-réalité qui ne sont diffusées que sur le net à l’instar de Married on MySpace. Certes, l’audience y est moindre (quoi que…) mais nettement mieux ciblée. Bon par contre les revenus publicitaires ne sont pas les mêmes… Bref, voilà pourquoi ce type de « programme » n’est pas encore très développé (car le couple audience / revenus publicitaires est incertain).

Sauf si les revenus publicitaires sont retirés de l’équation par le biais du sponsoring. Le principe est simple : une marque finance l’opération et se « rémunère » en visibilité et en image (cf. les exemples de The Cell Experience ou le Rip Curl Venus Trip). C’est donc le choix qu’a fait Sprite lançant le programme Green-Eyed World.

La web-TV réalité de Sprite
La web-TV réalité de Sprite

Plus qu’un programme, le dispositif est hébergé chez YouTube et propose de suivre les aventures de Katie, une jeune chanteuse britannique en quête de gloire. Le concept se situe à mi-chemin entre la Nouvelle Star et Real Life puisqu’il y a eu un casting sévère et puisque des épisodes (webisodes ?) du quotidien de Katie sont régulièrement publiés. Ici, le premier webisode :

Outre la belle voix de Katie, ce qui est particulièrement intéressant dans ce dispositif, c’est la mise à contribution de plusieurs plateformes sociales : YouTube pour l’hébergement des vidéos et Facebook pour les commentaires (via Facebook Connect). Nous avons donc un « programme » fédérateur pour les jeunes avec une présence double sur les médias sociaux, très malin.

Les commentaires déportés sur Facebook
Les commentaires déportés sur Facebook

Bon par contre il y a bien un profil sur Facebook mais dont la page reste vide, le Friend Stream n’est consultable que sur la page YouTube :

Le Flux Facebook uniquement consultable sur... YouTube
Le Flux Facebook uniquement consultable sur... YouTube

C’est donc u mélange des genres assez perturbant mais dans tous les cas de figure un choix audacieux de la part de Sprite. Peut-être aurais-je opté pour un environnement « neutre » où il aurait été possible de centraliser différents flux sociaux (YouTube, Facebook, Twitter, FlickR…) sans pour autant parasiter leur fonctionnement (le profil Facebook de Katie est tout de même très vide et peu accueillant).

En tout cas il est intéressant de constater que dans cet exemple, une marque se substitue à une maison de disque pour assurer la production d’un artiste en herbe. Après le crowdfunding d’artistes, c’est un cas d’école intéressant.

(via Marketing 2.0)

Google Profile : une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

Depuis déjà presque deux ans un an et demi (je préfère le préciser car beaucoup parlent aujourd’hui d’un lancement de Google Profile), Google propose un service de gestion de son profil via un service Google Profile (cf : Google Profile : Google propose la gestion centralisée de son profil) Vous en avez probablement pas entendu parler jusqu’à cet article puisque ce service était effectivement resté dans l’ombre. Pourquoi alors en parler aujourd’hui ? Tout simplement, parce que Google a décidé de se montrer plus offensif dans le domaine de la gestion de son identité numérique et du social via ce service. En effet, à date, Orkut, le réseau social de Google, était la seule véritable immersion de Google dans le social (si j’omets Google Friend Connect qui s’est fait largement prendre la vedette par Facebook Connect et Lively qui a été arrêté à la fin de l’année dernière : Google met fin à son monde virtuel 3D, Lively). Mais ce service n’est aujourd’hui qu’un succès… au Brésil, donc pas de quoi pouvoir concurrencer des acteurs majeurs comme Facebook, Bebo ou LinkedIn.

Quoi de nouveau sur les Google Profile ?

google_profile.jpg

Google se montre plus offensif et a modifié ou complété ce service pour en faire un vrai cheval de Troie dans le domaine du social. Depuis quelques jours, Google propose aux  internautes la gestion d’un profil personnel plus complet que ce qu’il proposait à date : nom et prénom, les écoles que l’on a fréquentées, la ville où l’on a grandi, une brève biographie et quelques informations triviales. Comme sur un véritable réseau social, Google propose d’ajouter des photos, de gérer ses adresses et ses téléphones de contact. Si vous souhaitez vous créez le vôtre, ca se passe ici.

Bref les deux questions qui naturellement se posent sont : quels risques et quels bénéfices de communiquer ses informations à Google ?

Commençons par le côté positif : l’argument mis en avant par Google est la gestion facilitée de son identité numérique. Google se propose de permettre aux utilisateurs de référencer leur page Google Profile et du coup d’inciter les personnes faisant une recherche sur vous de plutôt visiter votre page Google Profile plutôt que de tomber sur Facebook par exemple. Ainsi lorsque vous « googlerez » une personne, Google fera attention a préféré vous diriger vers Google plutôt que vers un autre service.

Côté négatif, on voit tout de suite la question de la protection et de l’utilisation des données ainsi communiquées par Google. ReadWriteWeb met clairement en évidence ses dangers, n’hésitant pas même à parler de « pacte avec le diable » dans son article Now you can change what Google says about you.

A l’heure où l’on parle beaucoup de « Online Reputation Management » ou de « Personal Branding », ce service est certes pertinent mais je préfére largement une solution plus globale de communication auprès des internautes sur l’importance de la gestion de son identité numérique et des traces que l’on laisse sur la Toile. Ces sujets, très actuels, et qui finalement concernent aussi bien les entreprises que les particuliers, sont sans nul doute une des préoccupations majeures de ces derniers et chaque service ou acteur cherche naturellement à se positionner.

Myspace, grand perdant face à Facebook et Twitter ?

MySpace ! Il y a encore pas si longtemps c’était le numéro 1, la plateforme de référence au niveau mondial. Mais de nouveaux acteurs sont arrivés et ont connu une croissance rapide voire exponentielle comme Facebook ou Bebo… et MySpace n’a pas su évolué aussi rapidement. En effet, d’un point de vue stratégique, MySpace est largement différent des deux services présentés ci-dessus : MySpace centre son service autour du contenu crée par les utilisateurs et principalement la musique afin d’être en mesure derrière de mieux monétiser (par le biais de la publicité) auprès d’annonceurs. Facebook ou Bebo, a contrario, place l’utilisateur et son social graph (les relations qu’il peut avoir avec les autres membres) au centre et cela finalement indépendamment des actions et interactions qu’il peut avoir.

Dans ce cadre avec l’explosion de Facebook ou la forte montée en puissance de services comme Twitter, les temps s’annoncent durs pour MySpace. La « place for friends » commencent à sentir bien vide et mis à part les cibles captives du début, force est de constater que MySpace est loin d’être le service dont la Toile parle le plus, et ce depuis déjà un certain nombre de mois. Je le vois rien que sur ce blog où finalement je n’écris quasiment plus sur MySpace à quelques execeptions d’opérations près (OuiFM lance une nouvelle emission avec MySpace). Le graphique ci-dessous montre le trend sur Internet des deux services.

facebook_myspace_trends

En 2007, j’avais déjà écrit un article sur la montée en puissance de Facebook qui serait sans nul doute le service qui ferait le plus de mal à MySpace : Stratégie de développement de MySpace face à Facebook.

L’article récent du Guardian MySpace shrinks as Facebook, Bebo, Twitter grab its users décrit bien cette tendance… En terme d’audience, l’article relate que MySpace fait aujourd’hui moins de la moitié de l’audience de Facebook. Un chiffre qui se suffit à lui même… A ce titre, Michael Arrington de TechCrunch US précisait  « What was a bad situation in November 2008 is starting to turn outright ugly – Facebook is now well over twice the size of MySpace … It was less than a year ago that MySpace and Facebook were the same size. »

Les temps semblent donc s’annoncer compliqués pour MySpace mais aussi en France pour d’autres services au premier rang desquels les skyblogs.

Article précedemment publié sur www.cedricdeniaud.com

Révélation exclusive : certains annonceurs peuvent se passer des médias sociaux

Normalement si vous lisez ce blog c’est que vous devez vous intéresser un minimum au sujet. Je ne vais pas vous faire l’article sur l’intérêt d’être présent sur les médias sociaux (pas tout de suite en tout cas) mais plutôt vous parler de cet article très intéressant : When to avoid social media. L’auteur y a ainsi listé 5 cas de figure où il est déconseillé d’être présent sur les médias sociaux :

  • Si vous avez un nombre très limité de clients qui vous payent une fortune (luxe ou BtoB) ;
  • Si vous êtes en guerre avec vos collaborateurs (citons l’exemple dévastateur de Domino’s Pizza) ;
  • Si votre direction est sceptique et ne souhaite pas jouer le jeu ;
  • Si vous n’avez pas de vision à long terme (si vous cherchez juste à faire du buzz) ;
  • Si vous êtes soumis à des impératifs légaux.

Très peu d’entreprises répondent à ces 5 cas de figure mais peu ne répondent qu’à un seul. Traduction : Vous n’avez que très peu d’excuses pour ne pas être présent sur les médias sociaux. Pour compléter cette réflexion je vous propose également un deuxième article où il est question du ROI : When to Use and When Not to Use Social Media.

Le ROI… encore et toujours le spectre du ROI. Ce fameux ROI qui conditionne les investissements et finit par transformer les marketeux plein de bonnes volontés à dociles acheteurs de mots clés. Bien évidement je sais que nous sommes en contexte de crise, qu’il faut surveiller les dépenses et que les budgets doivent être optimisés mais laissez moi vous rappeler quelques évidences :

  • Est-il pertinent de parler de ROI dans une démarche d’amélioration de l’image de marque ? (car c’est à ça que son utiles les médias sociaux : se rapprocher des prospects / clients pour améliorer la relation, affiner le discours et travailler le branding) ;
  • Vous pouvez être présent sur les médias sociaux sans dépenser 1 seul centime (c’est juste une question d’organisation et de bonne volonté) ;
  • Il n’est pas question d’abandonner un mode de communication pour un autre, mais de compléter un dispositif de marque (les médias sociaux sont un canal de plus dans votre stratégie de relation client).

J’ai parfois l’impression de me répéter dans mes articles (notamment sur un débat similaire au sujet du social scoring) mais je suis persuadé qu’il y a encore un gros travail d’évangélisation à faire pour se débarasser de nombreuses idées reçues (les campagnes virale ne coûtent rien, le bouche à oreille est idéal pour faire de déstockage de produit à moindre frais, seules les agences de buzz sont capables de bien dialoguer avec les blogueurs « influents »…).

En résumé : Être présent sur les médias sociaux n’est pas une option ou une stratégie, c’est un impératif. Bien évidement il existe différents degrés d’engagement pour une marque mais les médias sociaux sont à mon sens ce que nous avons de mieux en ce moment pour améliorer l’image de marque, maintenir les marges et passer la crise.