Panorama des médias sociaux
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Aviez-vous remarqué que le terme “web 2.0” n’est plus à la mode ? Il faut dire qu’à force de nous survendre du “2.0″ à toutes les occasions, le concept fini par lasser. Maintenant, on parle de médias sociaux. Car avec un nombre de services en ligne toujours plus important, des concepts tous plus sophistiqués, des copies, des mashups dans tous les sens… il devenait difficile de s’y retrouve. Voilà pourquoi il était important de morceler cette grosse bouillabaisse qu’était devenu le web 2.0 en plusieurs sous-concepts pour en faciliter la compréhension.

De ce morcellement sont nés le social shopping, l’entreprise 2.0, les médias sociaux et bien d’autres encore. Mais a-t-on déjà pris le temps de bien définir ce qu’étaient les médias sociaux ? Voilà où je veux en venir : donner une définition et une vue exhaustive de ce que ce concept regroupe.

Publions, partageons, sociabilisons !

Dans “médias sociaux” il y a “média“, ce qui veut dire que les médias sociaux sont des supports numériques à une prise de parole ou une publication.

Dans “médias sociaux” il y a “social“, ce qui implique des échanges (fichiers, goûts, points de vus…) mais aussi des interactions sociales (structuration de groupes d’individus en réseaux, acquisition de notoriété, influence…).

Vous l’aurez compris, les médias sociaux sont donc des outils et services permettant à des individus de d’exprimer (et donc d’exister) en ligne dans le but de rencontrer / partager (et plus si affinités).

Une infinité d’outils et de services

La principale caractéristique des médias sociaux est le fractionnement de l’audience : aussi bien au niveau des sources (il existe des centaines de millions de blogs, wikis, forums…) que des supports de médiatisation / sociabilisation, c’est à dire des outils.

Ces derniers peuvent prendre de multiples formes (plus ou moins sophistiquées) et répondre à de nombreux besoins (existant ou non). Le schéma suivant illustre ainsi la richesse et la diversité des médias sociaux :

MediasSociaux.jpg

Comme vous pouvez le constater, ces différents outils et services peuvent être regroupés par catégories :

Ouf ! Ça en fait des services… et nous n’en sommes qu’au début ! Maintenant que le cadre est définit, il est temps de rentrer dans le vif du sujet.

Il y a eu un avant Facebook et il y aura un après Facebook

Les communautés en ligne n’ont pas attendu Facebook pour se regrouper et sociabiliser au sein de forums. Ce n’est pas l’outil qui fait vivre une communauté, mais plutôt la capacité des membres à trouver de nouveaux sujets et modes d’interaction. Donc peu importe l’outil, là où il y a des membres motivés il y a aura une communauté, même avec les outils les plus rudimentaires. Et inversement, vous pouvez proposer les outils les plus sophistiqués, la dynamique communautaire n’en sera pas forcément plus forte.

Si vous lisez régulièrement ce blog, alors vous connaissez déjà mon avis sur Facebook, service qui récolte bien plus d’attention qu’il n’en mérite.

Il n’existe pas d’outil unique pour tout faire

Même si les chiffres penchent en faveur des méta-plateformes comme MySpace, Skyblog ou encore Cyworld, les services à cheval entre plusieurs fonctions (publication, réseau social, partage…) risquent de rapidement noyer les membres dans une mélasse de contenus hétéroclites qui finissent pas faire plus de bruit qu’autre chose.

Donc même si l’audience est concentrée sur 2 ou 3 méga-plateforme, les plus fortes progressions se font aujourd’hui sur des services de niche. Concentrez donc vos efforts sur ces plateformes au succès en devenir plutôt que sur les services mainstream.

Vous ne pouvez plus vous cacher

Que vous le vouliez ou non, les conversations sont là et elles ont lieu avec ou sans vous. Comprenez par là qu’il est complètement illusoire de penser que pour contrôler sa marque il suffit d’empêcher vos employés de blogueur ou de ne pas s’exposer sur les médias sociaux.

Votre marque ne vous appartient plus, elle n’existe que dans l’inconscient des clients / prospects, qui sont accessoirement massivement présents sur les blogs, forums, wikis et réseaux sociaux. Donc à vous de choisir si vous voulez subir les conversations ou essayer d’y participer. D’où l’importance de nommer un “champion des médias sociaux” au sein de votre organisation (Community planner, Social media manager, Community architect, Social analytics expert…).

Quels KPIs ?

Se rapprocher des clients et prospects est un but louable, encore faut-il savoir de quels clients et/ou prospects vous souhaitez vous rapprocher et dans quel but. Il va donc très rapidement falloir être en mesure d’évaluer le potentiel des différents nano-médias sur lesquels vous souhaitez investir. Cette évaluation va reposer sur des indicateurs adaptés aux spécificités et contraintes du média.

De même, si vous souhaitez “approcher” des leaders d’opinion, il va vous falloir les qualifier pour repérer les influenceurs qui présentent le plus de potentiel. Et là encore il existe déjà un certain nombre de critères :

  • Pour les blogs (audience, popularité, nombre d’abonnés RSS / nombre de visiteurs, nombre de commentaires par billet…) ;
  • Pour les micro-blogs (activité moyenne, nombre d’upate par jour, nombre de following / followers…) ;
  • Pour les réseaux sociaux (richesse du profil, ancienneté, nombre d’amis et d’amis d’amis…).

Et si vous souhaitez accélérer la manœuvre il existe même des indicateurs de performance fondés sur le potentiel d’influence : pay-per-post pour les blogs, pay-per-tweet pour les microblogs, pay-per-acquisition pour les réseaux sociaux.

Il reste encore un long chemin (mais tout n’est pas perdu pour autant !)

Rassurez-vous, nous n’en sommes qu’au tout début des médias sociaux (et de leur conquête par les marketeux et pubeux du monde entier). Il reste encore de nombreuses places à prendre et les initiatives les plus audacieuses sont en général accueillies avec indulgence (sauf cette opération des 35 lapins que je trouve complètement con).

Donc je récapitule :

  1. Testez et appréciez la diversité des médias sociaux ;
  2. Tâcher de comprendre les mécaniques sociales (motivations, freins…) ;
  3. Nommer un “monsieur communautés” chez vous (qui pourrait être chargé de mettre en place un observatoire de la marque au sein des différents médias sociaux) ;
  4. Définissez une déclinaison sociale de la stratégie de votre marque (positionnement, cibles, proposition de valeur, levier de différenciation…) ;
  5. Identifiez les bons supports (services) et les bons relais de votre message (micro ou nano-communautés) ;
  6. Lancez-vous !

Voilà, encore une fois vous n’avez rien à perdre à expérimenter des opérations novatrices (à l’image de celles décrites ici).

/!\ Article innitialement publié sur FredCavazza.net.

Ouverture des réseaux sociaux, la route sera longue…
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Décidément, pas une semaine ne passe sans que l’on nous annonce une nouvelle révolution sociale. Ce mois de Mai s’annonce tout de même comme une très bonne cru avec pas moins de trois annonces majeures dans le domaine de l’intéropérabilité des réseaux sociaux.

Data Availability : un pas en avant, deux pas en arrière

Contre toute attente, c’est donc MySpace qui a ouvert le bal avec le lancement de Data Availbility, une initiative visant à partager les données des membres de My Space avec les services partenaires (Yahoo, Ebay, Twitter). Comprenez par là que MySpace ouvre une partie de son système d’information pour laisser d’autres services accéder au profil des membres, à leurs photos, à leurs vidéos et à leur liste d’amis. Plus d’infos ici : MySpace Embraces DataPortability, Partners With Yahoo, Ebay And Twitter.

A priori une belle preuve d’ouverture mais à posteriori une belle démonstration de verrouillage des membres : “Laissez donc vos données personnelles chez moi (et moi seul) pour que les autres services puissent y accéder (et vous rendre encore plus dépendant)“.

Même si les mécanismes proposés sont suffisamment sophistiqués pour autoriser de la synchronisation de listes d’amis ou du mashup social, je ne peux que rester méfiant vis à vis de cette annonce. Il existe en effet un groupe de travail qui a été créé pour traiter de ce genre de questions (Data Portability), pourquoi vouloir faire cavalier seul ? En fait la réponse à cette question se trouve dans le nom de l’initiative : dans Data Portability il y a “portage” alors que dans Data Availability il y a “disponibilité“, et c’est bien là où la différence se trouve : ce projet ne vous permet de sortir vos données personnelles pour les mettre ailleurs, elle permet juste à d’autres services d’y avoir accès.

Voilà donc une belle illusion d’ouverture que nous offre MySpace. Pour en savoir plus, je vous recommande la très bonne analyse suivante : Thoughts on Data Portability.

Facebook Connect : “On a merdé mais ça va s’arranger”

Piqué au vif, Facebook propose dans la foulée (et en catastrophe) une initiative équivalente (Facebook Connect) qui va offrir la possibilité de connecter son compte Facebook à des sites et services partenaires pour leur faire bénéficier du levier social. Encore de biens belles promesses où l’on nous parle de “Real Identity” et de “Dynamic Privacy“. Mouais… venant de la part de Facebook, c’est un peu comme si le gouvernement chinois nous faisait la leçon sur les droits de l’homme et la liberté d’expression. Plus d’infos ici : Facebook Answers To MySpace With Facebook Connect.

Mais ne soyons pas trop critique, Facebook Connect est un peu comme une extension de la Facebook Platform qui donnerait la possibilité de déployer des applications sociales à l’extérieur de leur fameuse plateforme (prévoyez une avalanche de notifications).

Si vous savez lire entre les lignes, vous comprendrez que cette annonce est un constat d’échec pour Facebook : ils se rendent compte que leur technologie propriétaire (le FaceBook Markup Language) n’était pas forcément une bonne idée et qu’ils n’ont pas su atteindre la masse critique d’utilisateurs pour s’affirmer comme un standard de facto.

Je vous recommande ainsi la lecture de deux articles :

Pire, certains y voient également un aveu de faiblesse concernant la plateforme technique (qui a visiblement du mal à tenir la charge) et un moyen détourné de ne pas avoir à investir trop d’argent trop vite pour la remettre à niveau. La démission récente du fondateur et directeur technique ne serait pas un hasard : Rising Cost of Facebook Infrastructure; CTO Resigns.

Vous en rêviez ? Moi non plus !

Sans vouloir jouer les rabat-joie (quoi que un peu quand même), j’anticipe un retour de flamme de la part de la communauté qui pourrait plus craindre les dangers de cette initiative plutôt que d’en apprécier les bénéfices (lire à ce sujet : I Don’t Like Chocolate with My Peanut Butter or Why I Don’t Want a Social Graph).

J’imagine que mettre en oeuvre de telles solutions techniques est un véritable challenge technique, mais est-ce réellement ce que les utilisateurs demandent ? Encore une fois, le groupe Data Portability est réellement sur la bonne voie, pourquoi chercher à prendre des chemins détournés ?

Google Friend Connect : Et vous pensiez échapper à OpenSocial ?

Suite à ces deux annonces, Google enchaîne et dévoile son plan : Google Friend Connect. Pour les détails, c’est ici : Google Friend Connect Tries to Strangle the Social.

Il s’agit donc d’une approche inverse puisque ce Friend Connect va servir à exporter les données et applications sociales. C’est en quelque sorte un moyen de widgetiser le graphe social en injectant une dimension sociale là où il n’y en a pas (cf. Google brings Friend Connect to the masses).

Une stratégie très maline de la part de Google qui choisit de boxer dans une autre catégorie que MySpace et Facebook (normal dans la mesure où Orkut ne décolle pas en Amérique de Nord ou en Europe).

Quelques réflexions à replacer dans un contexte plus global

Passé l’effet d’annonce des ces 3 initiatives, je pense qu’il est temps de prendre un peu de recul et de replacer tout ceci dans un contexte plus large pour ce rendre comte de la supercherie :

  • C’est Yahoo qui a tiré le premier en annoncant le support d’Open ID il y a déjà quelques mois (et même Microsoft dans une certaine mesure avec son très ambitieux Live Mesh) ;
  • Attention aux dérapages éventuels. Cette triple ouverture ne fait qu’accroitre l’urgence de définir une charte des droits sociaux à laquelle les géants des média sociaux devraient souscrire (lire à ce sujet l’ébauche suivante : A Bill of Rights for Users of the Social Web) ;
  • Quid des revenus ? C’est bien beau tout ça, mais est-ce que ça va amener de l’argent dans les caisses (de la marge, pas du C.A.) ? Très difficile à dire pour le moment, même si l’on entrevoit des possibilités intéressantes (Some benefits of Data Portability for online shoppers) ;
  • Où sont les vrais standards ? Même si ces 3 initiatives font avancer les choses, nous sommes encore bien loin d’avoir un contrôle réel sur notre social graph (cf. Data Availabity, Data Connections, Data Data Everywhere).

Bref, un bon début mais la route reste encore longue.

/!\ Article innitialement publié sur FredCavazza.net.

Les forums, nouveaux piliers des médias sociaux ?
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Oui je sais ce que vous allez me dire : “Les forums ? Ce vieux truc du siècle dernier ?“. Effectivement, les forums ne sont pas tout jeunes, mais ils sont et resteront un outil communautaire très puissant.

J’ai par exemple récemment rencontré les responsables de Caradisiac et du Forum Auto qui ont une vision très intéressante des forums. Il faut dire que le ForumAuto draine une audience conséquente et un trafic à faire pâlir certains réseaux sociaux dont je ne citerais pas le nom : presque 513.000 membres pour plus de 28 millions de messages publiés (près de 22.000 messages par jour !).

Les forums sont ainsi organisés en des structures sociales très hiérarchiques (les administrateurs, les modérateurs, les réguliers, les nouveaux…) et répondent à des pratiques sociales bien particulières (ne vous avisez pas de publier une question au mauvais endroit).

Pour les annonceurs les forums sont aussi des territoires privilégiés pour détecter une tendance, prendre le pouls de la communauté, identifier des besoins… Même si aujourd’hui peu de marques se risquent à investir ces communautés avec des représentants officiels, le potentiel est là.

J’ai profité de mon entretien avec Jean-Yves pour faire une rapide interview (c’est ma première interview alors on ne se moque pas !) :

Vous l’aurez compris : même s’ils ne sont pas aussi hype que Facebook (Facebook est-il encore hype ?), les forums sont des micro-médias sociaux très puissants qui occupent le haut du panier en terme d’audience. Il serait donc très dommageable de ne pas s’y intéresser et de ne pas s’en servir comme d’un levier communautaire et social (qui a dit commercial ?).

Je ne sais pas pour vous, mais en parcourant les différents sujets de ce forum, comme une pointe de nostalgie de l’époque Jacky Touch. Reviens Jacky, on t’aime !

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Socialstream, vers une hyperprésence des blogueurs ?
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Avec la multiplication des services de publication / partage et la montée en puissance des outils de micro-publication (cf. Twitter au cœur de la révolution des médias sociaux ?), nous voyons apparaitre une nouvelle forme de services d’agrégation de l’activité sociale comme FriendFeed, Socialthing!, Lifestrea.ms… (cf. 35 Ways to Stream Your Life).

Ces services vous permettent ainsi d’agréger l’ensemble de vos publications (billets, photos, liens, tweets…) au sein d’un flux unique pour centraliser votre activité / présence numérique sur les médias sociaux (exemple ici : FriendFeed.com/FredCavazza). Ces services sont particulièrement intéressants pour archiver votre production journalière et garder une trace de votre empreinte numérique.

Comment expliquer le succès des lifestreams ?

Le principal bénéfice de ces services est de pouvoir fédérer les différentes poches d’audience éparpillées sur différents micro-médias au sein d’une communauté unifiée. En témoignent les nombreux commentaires laissés sur le lifestream de Robert Scoble qui est en train de délaisser son blog pour une production plus fractionnée (cf. Social Network Sites Are Changing The Blogosphere).

Au delà de l’aspect pratique de ces services (qui contrent la production en un lieu unique en y ajoutant une couche “sociale” : les commentaires), il s’en dégage une forte impression de proximité, plus encore qu’avec les blogs. Cette proximité est directement liée à une exposition répétée.

Pour expliquer ce phénomène, prenons l’analogie suivante : je me sens proche des parents que je croise tout les matins à l’école en amenant mes enfants (ils font partie de ma vie mais je les connais à peine). Et c’est là tout le paradoxe de ces services : apporter de la proximité, véhiculer de l’émotion et des idées au travers de micro-morceaux du son quotidien.

Pourquoi les lecteurs y trouvent-ils leur compte ? Difficile à analyser pour le moment. Mais il en va de même pour les services de lifecasts (cf. Lifecast = Podcast 2.0 (et plus si affinité)) qui intriguent mais dont on ne sait pas trop ce que cela va donner.

Comment rentabiliser un lifetream ?

Comme cela est de mise à chaque fois, je me pose la question de savoir s’il est possible de monétiser l’audience d’un lifestream. Car dans la mesure où les lifestreams sont le maillon final d’une longue chaîne de publication, ils sont le centre de nombreuses attentions.

Comme toujours, il existe plusieurs scénarios :

  • La publicité contextuelle, mais c’est compliqué car comment extraire du sens à une série de micro-contenus ?
  • L’affiliation, avec un principe d’inclusion de produits ou de recommandations de produits (cf. Twitter + Social Shopping = Shopalize) ;
  • L’insertion de bannières, toutes les 5 ou 10 publications.

Comme vous pouvez le constater, les options ne sont pas nombreuses et l’on vient à se demander si les lifestreams ne sont pas en quelque sorte des “extras” que l’on met à disposition d’utilisateurs d’autres services (comme le font Jaiku, Plaxo Pulse ou encore l’extension Action Streams pour WordPress et Movable Type).

Comment m’y retrouver avec tous ces nouveaux outils ?

C’est facile, il vous suffit d’utiliser ce schéma :

Social_Presence_Tools.jpg

Vous pouvez constater sur ce schéma que Google et Yahoo! sont déjà positionnés sur le créneau des outils de “présence sociale” :

  • Google avec Jaiku (en gestation pour le moment) et au travers d’une participation dans un projet universitaire nommé SocialStream (hé oui !)
  • Yahoo! avec son tout nouveau Live et avec MyblogLog qu’ils ont su faire évoluer dans le bon sens.

Conclusion

Allons-nous nous diriger vers un phénomène de saturation de tous ces services (les américains appels ça le social media fatigue) ? Peut-être… ou pas ! Car après tout ces services ne sont-ils pas une solution à cette hyperprésence des blogueurs ? A suivre…

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Livecast = Podcast 2.0 (et plus si affinité)
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Connaissez-vous les livecasts ? Mais si enfin, ces Web TV où il n’y a qu’un seul protagoniste : l’auteur qui se filme quasiment 24H/24H. C’est Justin Kan qui a été précurseur sur ce segment avec son site Justin.tv (dont j’avais déjà parlé dans un précédent billet sur la notion de sous-veillance).

Le site Justin.tv est maintenant devenu un portail sur lequel cohabitent plusieurs programmes. Mais il existe aussi d’autres services vous permettant de lancer votre propre lifecast : UStram.tv, BlogTV.com ou encore le récent Yahoo! Live.

YahooLive.jpg

Une évolution extrême du podcast

Nous pouvons considérer ces services de livecast comme une évolution extrême des podcasts. L’objectif ultime du livecasteur étant de filmer un maximum de son quotidien, idéalement la totalité (ça ne vous rappelle rien ?).

A priori il n’y a pas trop d’intérêt à se filmer en quasi-continu, sauf si vous avez la possibilité de fouiller dans les archives et de faire des rétrospective des meilleurs moments (des best-of). Et c’est là où ça coince : ces services ne sont visiblement pas encore structurés pour offrir une proposition de valeur suffisante. Comprenez par là qu’il manque à mon sens 3 outils essentiels :

  • Un moteur de recherche vidéo pertinent (l’équivalent d’un Blinkx ou d’un Google Video Search) ;
  • Un outil d’édition et de montage (l’équivalent de JumpCut ou de YouTube Remixer) ;
  • Un mécanisme d’exportation et de publication (un mini-lecteur à encapsuler dans les blogs, pages persos, réseaux sociaux…).

En intégrant ces outils, les services de lifecasting pourraient apportés une réelle valeur ajoutée. Exemple : un passionné de voyage qui ferait des résumés de ces étapes ou de ces rencontres. Le plus gros potentiel de ces services réside ainsi dans la sélection et la compilation d’instants de vie, c’est en quelque sorte la longue traîne de la téléréalité.

Quid du modèle économique ?

Ces services sont encore balbutiants mais l’on se pose déjà la question de savoir comment les rentabiliser, ou du moins de savoir comment les auteurs pourraient monétiser leur audience. Il existe plusieurs options :

  • La publicité contextualisée. Visiblement Google est en train de finaliser un algorithme qui permet d’extraire le sens d’une vidéo et de proposer une publicité ayant un rapport. Toute la difficulté pour ce type de service serait de parvenir à faire ça en temps réel et à synchroniser la pub avec le lifecast à un rythme régulier (toute les 5 minutes par exemple).
  • Les publicités incrustées. Dans la mesure où les sociétés de production arrivent à incruster des bannières dans des matchs de foot ou des produits dans certaines séries TV, pourquoi ne pas le faire dans un livecast ? Idéalement le livecasteur pourrait porter un t-shirt avec un carré vert où la publicité viendrait s’incruster. Il y a également la possibilité de faire des bannières en sur-impression (plus simple).
  • Le placement de produits. Ceci peut s’apparenter à du sponsoring mais avouez que ça serait quand même plus simple de mettre de la pub sur le t-shirt du lifecasteur (le transformant ainsi en homme -sandwich) plutôt que de s’embarquer dans des systèmes complexes d’incrustation de produits à la volée.
  • Les productions sur commande. Puisqu’il existe des billets sponsorisés, pourquoi pas des séquences sponsorisées ? Nous parlons ici d’un petit jingle de temps en temps comme on peut en entendre à la radio. Où alors ça peut être une opération plus ambitieuse lors de manifestations. Exemple la couverture du spring break par iJustine pour le compte d’American Eagle (cf. Du bonne usage de la vidéo pour faire de l’événementiel marchand).

Et Seesmic dans tout ça ?

Même si la nouvelle start-up de Loïc Lemeur peut vous sembler très proche de ce concept, il n’en est rien. Seesmic s’apparente plutôt à une solution de micro-blogging vidéo (quelques courtes séquences dans la journée) qui est plus adaptée à de la conversation collective en mode vidéo. La différence est subtile mais il ne me semble pas du tout pertinent de comparer Seesmic à Yahoo! Live. Deux services au positionnement et à la finalité complètement différente. Peut-être serait-il plus juste de comparer Seesmic à un forum en mode vidéo.

Conclusion : gros potentiel, mais grosses dérives potentielles

Force est de constater que le livecast est encore une pratique extrême réservée à une minorité d’individus : entre le coût d’acquisition du matériel et le tournage des séquences, c’est un métier à plein temps !

Il y a de plus une forte dérive potentielle à prévoir, notamment quand à l’utilisation des lifecasts comme du contenus pornographiques payants (des sortes de peep-shows ouverts 24H/24H). Qui se souviens ainsi de JennyCam, une expérimentation très en avance sur son temps ?

Tout ça me laisse à penser que la clé du succès de ces services réside dans leur capacité à fournir des outils simples pour les utilisateurs, sinon ces derniers se contenteront de “picorer” ces services. Peut-être les terminaux mobiles sont-ils une solution aux problématiques logistiques : intégrer une application aux téléphones mobiles qui serviraient à capturer et à diffuser les séquences. Il existe déjà des services proposant cela (Flixavagon, QIK… voir à ce sujet le billet d’Eric) mais sans parvenir à apporter la même expérience utilisateur que les services leaders cités en début d’article.

Moralité : la compétition reste ouverte et chacun à ses chances…

/!\ Article innitialement publié sur FredCavazza.net.

Twitter au cœur de la révolution des médias sociaux ?
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Voilà plus d’un an que j’ai commencé à vous parler de Twitter, une année riche pour ce service qui intrigue autant qu’il passionne et qui reste une valeur sûr dans cette profusion de nouveaux médias sociaux. Pour celles et ceux qui ont raté le coche, il est encore largement temps de prendre le train en marche : Twitter in Plain English.

Pourquoi un tel engouement ? Peut-être parce que ce service à priori simpliste se révèle être une authentique pépite : un catalyseur de pratiques sociales de nouvelle génération. De nouvelle génération ? Oui tout à fait, des pratiques plus spontanées, plus informelles, avec d’avantage de proximité mais paradoxalement moins d’intrusion et de pollution. Nouvelle génération ensuite car il se passe des choses merveilleuses sur Twitter (à l’image de cette demande en mariage : Did We Just Witness a Twitter Marriage Proposal?) et que personne n’est encore tout à fait d’accord sur les raisons du succès (The secret to Twitter, The secret to Twitter, part II et A Twitter Primer), la preuve que le concept n’a pas encore dévoilé tout son potentiel.

Nouvelle génération enfin car il faut bien reconnaitre que les réseaux sociaux tels que nous les connaissons commencent sérieusement à s’essouffler (Twitter is The New Facebook). Dernière preuve en date : le rachat de Bebo par AOL (AOL + Bebo = Still No Market Differentiation), un flagrant constat d’échec de la part d’un portail à bout de souffle qui jette son dévolue sur une proie facile. Reconnaissez-le : si les réseaux sociaux n’intéressent pas les fonds d’investissement c’est qu’il y a un réel problème de modèle économique, seuls les portails y trouvent leur compte en achetant de l’audience au prix fort.

En fait c’est une longue discussion avec Dan Berte qui m’a fait ouvrir les yeux et redécouvrir ce service sous un nouvel angle. Twitter est en quelque sorte la CB du web : un pseudo-réseau social informel qui se développe et évolue au hasard des rencontres. Les messages y sont brefs et sincères, on s’échange des tuyaux, on demande des conseils, on raconte son quotidien à qui veut bien vous suivre, le tout en tâche de fond. N’y voyez pas une quelconque évolution de l’email ou de la messagerie instantanée, c’est simplement une nouvelle forme d’expression et d’interaction sociale (la CB remplace-t-elle le téléphone ?).

La force de Twitter réside dans sa capacité à n’intéresser à priori personne mais au final beaucoup de monde. C’est très certainement le format extrêmement court des messages (moins de 140 caractères) qui assure le succès de ce service : il force les utilisateurs à être concis dans leurs messages qui du coup ne perturbent pas trop l’attention des lecteurs.

Idéal pour faire la couverture d’évènements en live (cf. Twitter crowd goes bananas at SXSW), les twitteurs sont comme des témoins quasi-anonymes qui trouvent également leur place dans un contexte marchand (Shopalize) ou d’entreprise (cf. The Beauty, Secrets and Utility of Twitter for Business et How companies connect using Twitter). Il existe ainsi des sur-couches applicatives permettant d’étendre les capacités de Twitter comme ce service d’aggrégation et de création de groupes : TweetPeek.

L’activité sociale des réseaux de twitteurs est bien plus développées que vous ne l’imaginez : il se passe réellement quelque chose durant ces échanges éphémères où votre prochain n’est jamais très loin. Il vous suffit alors de solliciter vos followers pour obtenir une réponse quasi-instantanée (voir à ce sujet Shouldi, un service à mi-chemin entre Twitter et Yahoo! Answers).

Les deux exemples de déclinaisons précédemment cités illustrent le grand paradoxe de Twitter : un outil incroyablement minimaliste qui est pourtant capable d’orchestrer des relations sociales bien plus complexes que ne le font les réseaux sociaux traditionnels (oui c’est bien de Facebook dont je parle).

Au final on en vient à se demander pourquoi il n’existe que si peu de concurrents à Twitter, et surtout pourquoi Google ne parvient pas à faire quelque chose d’intéressant après le rachat de DodgeBall et Jaiku (deux services proches).

Je me lancerais bien dans une petite prédiction : le rachat de Twitter par Yahoo!. Cela pourrait faire du sens : compléter une gamme de services “2.0″ très large (MyBlogLog, FlickR, del.icio.us, Buzz) et faire le pont avec des services encore plus avant-gardistes (Yahoo! Live). Alors, vous y croyez ?

/!\ Article innitialement publié sur FredCavazza.net.

Deviendrons-nous tous des médias potentiels ?
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Je constate depuis un certain temps une montée en puissance des services d’agrégation du type SocialThing, Ziki, mEgo ou encore LiFE2Front. Dernier en date, FriendFeed qui est semble-t-il la nouvelle coqueluche de la Silicon Valley : FriendFeed Gets $5M, Launches to the Public.

Il faut dire qu’avec cette ribambelle de services “2.0″ tout est prétexte à publication et partage : vos billets (via flux RSS), vos favoris (del.icio.us), vos photos (FlickR), vos diaporamas (Slideshare), vos achats (Shopalize), vos films loués (Netflix), vos chansons écoutées (Last.fm), vos humeurs (Facebook Feed & Status), vos moindres faits et gestes (Twitter)…

N’importe qui peut se prêter à ce petit jeu, mais il est tout de même préférable d’avoir un peu d’audience pour que ça devienne intéressant. Exemple : Loic Lemeur, l’homme public que l’on peut suivre au quotidien à l’aide de son blog, de son flux Twitter ou des ses podcast. Imaginez un peu ce que cela pourrait donner avec une version mobile de Seesmic

Petit à petit nous nous rapprochons de la notion de sousveillance pour laquelle il existe déjà des services comme Justin.tv, BlogTV ou encore le tout récent Yahoo! Live. Nouvelle forme d’expression ? Très certainement, car contrairement aux blogs où il faut publier pour exister, dans le cas de ces services de Livecast l’exposition est passive et quasi-pervasive, du moins pour la partie publique de la vie des auteurs. D’ailleurs, produisent-ils réellement du contenu ? Vaste question…

Comment cette tendance va-t-elle évoluer ? Difficile à dire, d’autant plus avec Google qui a récemment racheté Jaiku. Essayez donc d’imaginer ce qu’ils pourraient faire en appuyant ce service sur leurs data-centers : une indexation en quasi-temps réel de notre quotidien, une sorte de back-up permanent de notre vie de tous les jours.

Finalement le concept de lifestream n’a jamais été autant d’actualité (lire à ce sujet ce blog : Lifestream Blog). Je m’étonne que les éditeurs de services en ligne n’ont pas encore étendu ce principe en proposant des variantes :

  • des lifestreams familliaux (regroupant les activités quotidiennes des différents membres de la famille) ;
  • des lifestreams locaux (regroupant le quotidien des habitants d’un même quartier) ;
  • des lifestreams verticaux (pour des groupes homogènes de passionnés ou de professionnels d’un même métier)…

Vous êtes libre de compléter cette liste dans les commentaires.

/!\ Article innitialement publié sur FredCavazza.net.

Facebook toujours dans la tourmente
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Plus le temps passe et plus Facebook fascine autant qu’il déçoit. Peut-être est-ce la conséquence de la sur-médiatisation ? Peut-être est-ce parce que les utilisateurs voient en Facebook un service révolutionnaire qui va combler les lacunes des autres (et développent ainsi des attentes irréalistes donc de la frustration) ? Peut-être est-ce parce que l’équipe est en pleine crise de croissance (trop jeune, trop petite…) ? Peut-être un peu des trois… Toujours est-il que Facebook est en ce moment fortement chahuté par la blogosphère.

Il y d’abord les chiffres qui sont fortement critiqués et notamment en Angleterre (Facebook enregistre sa première baisse d’audience en Grande-Bretagne et Facebook loses a few bitches) et au Canada (Auditoire de Facebook au Québec: mon oeil !) ainsi que cette étude de Compete (Top Social Networks – February 2008) où l’on y (re)découvre que l’audience de Facebook est 3 fois moindre que celle de MySpace et que d’autres réseaux affichent des taux de croissance bien plus spectaculaires (MyYearBook, LinkedIn, Ning…). Certains y voient déjà le début de la fin : So long and thanks for all the poking.

Il y a ensuite le modèle publicitaire qui n’arrive pas à convaincre les annonceurs, si ce n’est les marchands de sexe : Facebook gets ad booty, booty ads. Il faut bien avouer que le soi-disant système de ciblage comportemental révolutionnaire ne tient pas ses promesses : Facebook Showing Signs Of a Topsy-Turvy Future. Il en résulte une situation paradoxal où Facebook nourrit un écosystème florissant mais ne parvient qu’à ramasser les miettes de cette orgie. Et la récente interview de Mark Zuckerberg au SXSW n’a fait qu’accentuer les craintes (Why Mark Zuckerberg isn’t saying anything) de même que la session de rattrapage où il ne s’en sort pas mieux (GigaOM Interview: Mark Zuckerberg, Founder & CEO Facebook).

Tout ceci engendre une situation financière qui s’annonce catastrophique avec des pertes anticipées de 150 millions de $ pour l’année 2008 (Facebook’s leaked financials reveal leaky business). Il faut dire que même si Facebook dégage du C.A., les frais de structure sont colossaux et la société doit investir massivement pour maintenir le service : ils possèdent déjà deux data centers et projette d’acheter des dizaines de milliers de serveurs. Cette fragilité financière apparente (disposeront-ils d’assez de cash pour finir l’année ?) ne motive pas réellement les annonceurs qui se contentent d’orchestrer des campagnes à court terme et évitent d’investir dans des deals trop impliquants. Et pendant ce temps là, les patrons crament de l’argent en organisant des soirées (Facebook spends $50,000 of Microsoft’s money on investor’s nightclub)…

Il y a enfin une stratégie d’internationalisation bancale où la traduction de l’interface est confiée à la communauté pour un résultat visiblement très mitigé (Facebook en français : échec 2.0 et Facebook to get lost (or found) in translation? Signs point to ‘oui’).
Rajoutez à cela le fait que les dirigeants de Facebook n’ont nullement l’intention d’investir dans des infrastructures locales (tout se fait aux US) et vous avez de quoi vous pouvez des questions sur leurs réelles ambitions à l’international.

Au final et malgré tout ce qui vient d’être dit, Facebook reste un acteur majeur et une figure emblématique des médias sociaux. Maintenant la question à 15 milliards de $ est : où va Facebook ? Difficile à dire tant leur discours est approximatif, du moins pour ce qui concerne la monétisation du trafic ou les offres de ciblage comportementale à destination des annonceurs.

Alors bien évidement ils ont déjà attiré plus de 67 millions d’utilisateurs et ce n’est pas rien. Mais force est de constater qu’il ne leur reste que très peu de temps pour trouver un second souffle et rassurer à la fois les annonceurs et les investisseurs avant de se voir voler la vedette par une autre plateforme sociale (lire à ce sujet : The Future of Social Networks at Graphing Social Patterns).

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

Une remise en question du modèle de viralité fondée sur les influenceurs
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Le magasine Fast Company a publié un article très intéressant sur réel potentiel viral des influenceurs : Is the Tipping Point Toast?. A l’origine de cet article, les travaux de Duncan Watts, un chercheur spécialisé dans la théorie des réseaux qui travaille maintenant pour le Yahoo! Research.

Les résultats de ces travaux mènent ainsi la vie dure aux théories selon lesquelles la prolifération virale repose sur quelques influenceurs qui ont la faculté d’amorcer des tendances et d’initier des phénomènes de propagation au sein de populations beaucoup plus larges (ex. le livre The Tipping Point de Malcolm Gladwell).

Selon Duncan Watts, les phénomènes de propagation virale seraient le fruit du pur hasard et ne pourraient pas être amorcés à la demande. Illustration avec le schéma suivant :

FastCompany_Order_chaos.jpg

A gauche, le schéma de propagation virale par cercles concentriques : les influenceurs sont les premiers destinataires et assurent un rôle de relais. Tandis qu’à droite, la propagation est anarchique.

Pour illustrer ses propos, l’auteur utilise la métaphore du feu de forêt : c’est la combinaison de nombreux paramètres aléatoires (pluviométrie, type de bois et de sous-bois, temps de réaction des équipes de pompiers…) qui déterminent l’ampleur de la catastrophe. Comprenez par là que si les conditions sont réunies, une simple allumette suffit à provoquer un incendie gigantesque. Et inversement : s’il vient de pleuvoir, même une bombe incendiaire au phosphore ne pourra pas provoquer grand chose.

Pour celles et ceux qui travaillent dans le domaine du buzz marketing, ces travaux sont lourds de conséquences : ils remettent en question le marketing communautaire reposant sur les influenceurs. Pire : Duncan Watts précise que le meilleur moyen d’améliorer les chances d’une campagne virale est de multiplier le nombre de points d’amorçage. En d’autres termes : le marketing de masse viendrait au secours du marketing de niche. Gloups !

J’avoue nourrir des sentiments ambivalents vis à vis de cet article. En fait je ne sais pas trop où me situer… En tout cas je suis persuadé d’une chose : le temps est un facteur critique. Plus vous voulez aller vite et plus vous avez de chances d’échouer. A contrario : si vous avez le temps de bien observer le marché et d’attendre que les conditions soient réunies alors vous augmentez considérablement les chances de succès.

Heu… suis-je le seul à avoir l’impression d’enfoncer des portes ouvertes ?

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

Vers une charte déontologique du marketing viral ?
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Je viens de prendre connaissance d’une initiative tout à fait intéressante : la Charte Déontologique de la Rencontre : Le but de cette charte est d’inciter les acteurs de la rencontre à un comportement éthique afin de faire de la rencontre en ligne un espace de confiance pour les célibataires désireux de rencontrer l’âme sœur. Cette charte regroupe un ensemble de prérogatives déontologiques concernant les pratiques marketing, la politique tarifaire et la relation client.

C’est le site Dating Watch qui est à l’origine de cette charte. Ce site se définit comme un observatoire des sites de rencontre, et avec la montée en puissance du spam social et des pratiques abusives, ils ont beaucoup de choses à observer : UneRencontre.com paye des faux membres pour vous séduire (une poursuite pour diffamation à ce sujet est en cours de jugement) ou encore Usurpation d’identité sur les sites de rencontre.

Voilà donc une première tentative de label de qualité pour les sites de rencontre qui s’engageraient ainsi à ne pas pratiquer le recrutement sauvage en ayant recours à des faux profils.

“recrutement sauvage” ? “faux profils” ? Tout cela ne vous rappelle rien ? Mais si enfin, cette honteuse histoire de campagne virale lancée par Campari (lire mon précédent billet à ce sujet).

En poussant la réflexion un peu plus loin, je me demande s’il ne serait pas intéressant d’étendre cette initiative, une sorte de charte déontologique du marketing viral qui serait signée par les acteurs de la profession : annonceurs, agences, régies…

L’objectif de cette charte serait de limiter les pratiques abusives liées à la viralité. Attention, je parle bien de pratiques abusives : les campagnes exploitant des personnages et situations loufoques (comme celles de Helga ou de Nissan) ne seraient pas nécessairement concernées.

L’objectif de cette charte serait non pas de sanctionner, mais plutôt de protéger le travail (et les emplois) de personnes faisant preuve de créativité tout en respectant le consommateur. Traduction : faire preuve de subtilité pour capter l’attention des prospects, mais ne pas non plus les harceler ou se foutre de leur gueule.

Reste encore à rédiger les termes exacts de cette Charte qui préciserait les limites à ne pas dépasser.

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.