Snapchat : le réseau social, centré sur le partage de photos instantané, qui monte

A l’instar de d’autres services comme WeChat, WhatsApp ou bien encore Kik, Snapchat fait partie de ces applications mobiles sociales basées sur la conversation instantanée (que l’on classe dans les services de micro-messagerie mobile) qui connait un fort engouement notamment auprès d’une population jeune. Plutôt que de vous faire un focus détaillé sur ces différentes applications, j’ai préféré me concentrer sur Snapchat pour plusieurs raisons, même si à date il n’est pas celui qui compte le plus d’inscrits, mais celui à mon sens qui propose l’approche la plus différentiante et donc intéressante à étudier.

Tchat + partage de photos + Mobile = Snapchat
Tchat + partage de photos + Mobile = Snapchat

Snapchat : un service valorisé à 800 millions de dollars !

Si WeChat, qui compte plus de 300 millions d’inscrits appartient, à un grand groupe Chinois (Tencent, également éditeur de jeux vidéos et de Weibo – plus de 500 millions d’inscrits -) et a donc les reins solides, et si WhatsApp compte 200 millions d’utilisateurs et se serait vu proposer 1 milliard de dollars par Google qui aurait bien aimé le mettre dans son escarcelles, Snapchat n’est pas en reste. Avec plus de 150 millions de photos échangées depuis son service chaque jour, Snapchat s’est fait depuis moins d’un an une place de choix dans les smartphones des jeunes Américains et de plus en plus d’Européens.

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Snapchat : un engouement qui se confirme auprès des jeunes

La force de Snapchat réside fonctionnellement et stratégiquement dans des choix forts :

  • Le Picture Chatting plutôt que le Text Messaging : si les services concurrents basent leur approche d’apport sur les échanges textes (comme les SMS ou autres services de tchat), Snapchat fait des photos le centre des partages en temps réel des internautes. Le service se retrouve finalement à la croisée entre Instagram et un service de messagerie tchat.

  • Durée de vie (très) limitée pour les photos partagées : une photo partagée sur Snapchat a une durée de vie de quelques secondes (10 secondes maximum). Cette photo est ensuite détruite et, en théorie, elle ne peut être vu, par un utilisateur, qu’une seule et unique fois. Même si il y a toujours la possibilité de faire une capture de son écran mobile, Snapchat, à la différence de Facebook, permet de partager des photos que l’on pourrait classer dans la catégorie de photos compromettantes sans trop risquer de les voir apparaître. Quand je parle de photos compromettantes, je parle notamment de sexting. Les plus âgés d’entre vous ne connaissent probablement cette tendance qui consiste à partager des photos de soi à caractère sexuel. Sur TumblR, malgré la non communication volontaire de ce dernier sur ce sujet, il s’agirait de loin des premiers types de contenus partagés par les membres.

  • Des achats In-Apps pour assurer le business model ? alors que tous la très grande majorité des autres services dits concurrents (Facebook Poke, WeChat, Kik, WickR, GryphN) sont gratuits (seul WhatsApp a fait le choix de l’application payante à 0.89€ sur l’App’Store) et espèrent à terme se réuménérer probablement via de la publicité, Snapchat a fait un choix radical centré à l’instar de d’autres services de retouches de photos sur les achats in-apps. Le principe : demander à l’utilisateur pour avoir à plus de fonctionnalités de payer pour ces dernières.

Snapchat n’entend pas en rester là et a bien compris que s’intégrer dans les usages mobiles des cibles jeunes au plus tôt est le meilleur moyen de s’assurer de la pérennité de son service. Ainsi, SnapKidz a destination des enfants (moins de 13 ans) est apparu (Snapchat creates SnapKidz : a sandbox for kids under 13). Ici, on parle pas de sexting bien entendu mais de la possibilité pour les enfants de consulter des photos sélectionnées de les commenter, mais ils ne peuvent par contre pas partager de photos. Il s’agit ici pour Snapchat de ne pas créer de frein à l’inscription pour les plus jeunes pour ensuite, passé les 13 ans, les basculer sur la version complète du service. Snapchat n’est pas le premier service social à s’intéresser au moins de 13 ans puisque, rappelez-vous, Facebook avait annoncé travailler sur une version à destination des plus jeunes… annonce qui n’a pas débouchée à date sur un service adapté.

La question derrière ces services ciblant les jeunes et adolescents est clairement le rôle et l’accompagnement que les parents doivent avoir. On parle de sexting, d’échanges non contrôlées. L’engouement pour ce type de services pour les jeunes s’expliquent bien évidemment par le fait que leurs parents n’y sont pas à la différente de Facebook et dans une moindre mesure de Twitter. Ainsi, on voit certaines associations proposer aux parents des vrais guides autour de ces nouveaux services, un peu comme certaines entreprises le font auprès de leurs employés dans une démarche “paternaliste”. Par exemple, je vous invite à télécharger ce guide autour de SnapChat, pour les parents, réalisé par ConnectSafely.

Facebook Poke : la réponse de Facebook à la montée en puissance de Snapchat est un échec
Facebook Poke : la réponse de Facebook à la montée en puissance de Snapchat est un échec

L’émergence en seulement quelques mois de services comme Snapchat basé sur le mobile et un usage très vertical prouve que nous sortons de l’ère du Tout Facebook sur les réseaux sociaux. Facebook depuis notamment le rachat de Instagram en 2012 a bien compris que ces services plus verticaux pouvaient représenter une vraie menace. Twitter basé sur un principe fonctionnel très simple en a été le meilleur exemple. Les tentatives de réaction de Facebook avec son application mobile Facebook Poke ou bien encore son interface mobile de démarrage Facebook Home (Facebook Home : l’écran (mobile) de fumée de Facebook ?) sont la preuve que la menace est grandissante et que la Facebook Fatigue auprès des jeunes ne peut que s’accélérer avec des services innovants comme SnapChat.

Des résultats spectaculaires pour le retargeting sur Facebook

Les outils et formats publicitaires sur Facebook sont en pleine transformation depuis le début : nouveaux formats, nouveaux mécanismes de ciblage… Mais le plus gros changement a été sans aucun doute l’introduction du retargeting en début d’année : FBX Now Both in Desktop News Feed and Right-Hand Side. Annoncées en mars et testées auprès d’annonceurs ciblés, les Page Post Link Ads sont disponibles depuis le début du mois de juin (Retargeting With Social Ads Has Arrived), et les équipes de Facbeook n’ont pas ménagé leurs efforts pour les vendre aux annonceurs (Here’s A Facebook Ad Sales Pitch Deck).

Exemple de publicité en mode retargeting sur Facebook
Exemple de publicité en mode retargeting sur Facebook

Le principe du retargeting est le suivant :

  1. Les internautes visitent une boutique en ligne, sans rien acheter, un cookie est déposé sur leur machine
  2. Ces internautes se rendent sur Facebook et consultent leur timeline
  3. La boutique en ligne précitée achète des publicités qui ne sont affichées que sur la timeline des internautes qui ont été marqués par le fameux cookie

Le principe du retargeting est redoutable et il n’y a que les journalistes du dimanche pour s’en offusquer (I Just Realized How Zealously Facebook Tracks Me And Sells That Info To Advertisers), même si visiblement un mécanisme de ciblage similaire existait de façon officieuse dès l’année dernière (Facebook Exchange & How My Drugstore.com Basket Got Turned Into Facebook Ads). Rassurez-vous, je ne rentrerais pas dans ce débat, ni ne ferait un procès d’intension aux cookies qui ne sont pas réellement en cause, car il existe d’autres mécaniques de marquage (The Web Cookie Is Dying. Here’s The Creepier Technology That Comes Next).

Revenons donc à nos moutons et cette fameuse nouvelle offre publicitaire. Ce n’est pas tant le retargeting qui fait grincer des dents, mais plutôt l’introduction de simili-bannières dans le fil d’actualité. Pourtant les chiffres ne mentent pas, c’est sans conteste l’emplacement qui génère les meilleurs taux de réponse (How Page Post Ads in News Feed Drive Direct Response and ROI). Il faut dire que ce format était attendu de longue date par les annonceurs qui se sont rués dessus, certains secteurs plus que d’autres : Top Verticals on Facebook Exchange.

Classement des secteurs par le montnat des dépenses publicitaires sur Facebook
Classement des secteurs par le montant des dépenses publicitaires sur Facebook Exchange

Si vous combinez un meilleur emplacement (le news feed) avec un meilleur système de ciblage (le retargeting), vous obtenez logiquement de meilleurs résultats. Trois études  récentes viennent apporter des données concrètes sur le gain de performance. Il y a dans un premier temps une étude publiée par Triggit : FBX News Feed Initial Results: The Best New Channel in a Decade?. Les résultats sont tout simplement spectaculaires :

  • Pour une grande marque de vêtements, le taux de clic est 16 fois supérieur sans incidence sur le taux de transformation post-clic (avec un CPC divisé par 5) ;
  • Pour un gros distributeur international, le taux de clic est 24 fois supérieur à celui d’une publicité sur la colonne de droite et 38 fois supérieur à une publicité traditionnelle achetée via Google.

Ces résultats peuvent vous sembler biaisés tant ils sont spectaculaires, mais un rapport publié AdRoll vient confirmer la tendance : AdRoll report of FBX News Feed ads: 49x greater CTR, 54 percent lower CPC than sidebar retargeting. Là encore, les chiffres sont à peine croyables :

  • Les publicités en retargeting sur la news feed (FBX NF) ont enregistrées des taux de clic 49 fois supérieurs à celles de la colonne de droite (FBX RHS) et 21 fois supérieurs à celles d’une régie traditionnelle ;

    Evolution de la performance des différents formats publicitaire sur Facebook
    Évolution de la performance des différents formats publicitaire sur Facebook
  • En terme de volume, si les publicités sur la colonne de droite sont encore largement sur-représentées, les publicités de la timeline génèrent déjà près de 15% des clics pour seulement 0,5% du volume d’impression.

    Comparaison des formats publicitaires sur Facebook
    Comparaison des formats publicitaires sur Facebook

Les page post link ads de Facebook Exchange sont-elles l’arme ultime des publicitaires ? Tout porte à le croire. D’autres données fournies par SalesForce nous apprennent par contre des choses surprenantesHere is the Facebook Data That Shows Why All Ads Need Social Context. L’étude en question ne concerne pas les publicités en retargeting, mais plutôt le levier contextuel :

  • Les sponsored stories sont ainsi le format le plus rentable, même si les page posts fonctionnent bien ;

    Comparaison des différents formats publicitaires de Facebook
    Comparaison des différents formats publicitaires de Facebook
  • Les secteurs d’activité qui performent le mieux sont les telcos, la distribution, l’édition et le divertissement ;

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    Comparaison des performances des publicités Facebook par secteurs d’activité
  • C’est au Danemark que les publicités coûtent les pus chers, la France reste très abordable en comparaison des autres pays.

    Comparaison des coûts publicitaires de Facebook entre différents pays
    Comparaison des coûts publicitaires de Facebook entre différents pays

Ainsi donc, les sponsored stories est le format qui fonctionne le mieux. Très bien, mais dans ce cas pourquoi ont-ils décidé de les supprimer pour rationaliser l’offre : Facebook Kills Sponsored Stories, Cuts Ad Products in Half. Il y a bien évidemment une raison économique à cette décision, mais j’ai bien peur que Facebook mette tous ses oeufs dans le même panier : en recentrant l’offre publicitaire sur les publicités en retargeting, ne vont-ils pas créer un sentiment de flicage auprès des membres ? Je sais bien que nous ne vivons pas dans le monde des bisounours, mais j’ai bien peur que ce recentrage ne va faire qu’accélérer la chute de confiance des internautes pour les plateformes sociales. La dernière édition du Baromètre de la confiance dans l’économie numérique de l’ACSEL est à ce sujet très explicite : 31% des internautes français livrent volontairement de fausses informations pour protéger leurs données. Le risque est donc élevé pour Facebook de tuer la poule aux oeufs d’or.

J’espère sincèrement que ces études ne vont pas motiver les annonceurs à privilégier les opérations purement tactiques au détriment de campagnes plus inspirationnelles reposant sur du contenu à valeur ajoutée…

Les KPIs des médias sociaux enfin standardisés

Les social media analytics sont un sujet complexe, principalement du fait que toute l’industrie doit se mettre d’accord sur les termes et les unités de mesure (Key Performance Indicators, KPIs). Ce sujet n’est pas nouveau, car je l’avais déjà abordé en 2009 : L’IAB standardise les indicateurs-clés des médias sociaux. Force est de constater que depuis cette tentative de standardisation par l’IAB, chacun fait un peu à sa sauce. Il en résulte de la confusion en agence et chez l’annonceur, ainsi que des outils qui ne sont pas compatibles entre eux. Si les professionnels de la publicité n’ont pas réussi à se mettre d’accord, les professionnels des RP ont repris le flambeau et formé un consortium avec un certain nombre d’associations et d’organisations : l’Institute for Public Relations (IPR), la International Association for Measurement and Evaluation of Communications (AMEC), la Digital Analytics Association (DAA), la Word of Mouth Marketing Association (WOMMA), la Society for New Communications Research (SNCR)…

De ce regroupement est né un conclave en 2011 dont l’objectif est de standardiser la mesure de la performance pour les médias sociaux : The Durham Conclave: Our Progress on Setting Social Media Measurement Standards. Il aura fallu près de deux ans aux membres de ce groupe de travail pour finaliser une liste de termes et d’unités de mesure : Perhaps the most important Social Media launch of the year — Measurement Standards.

Publiés en début de mois, mais passés complètement inaperçus, les Social Media Measurement Standards définissent de façon précise un certain nombre de termes (désolé, mais c’est en anglais) :

  • Item, a post, micro-post, article, or other instance appearing for the first time in a digital media ;
  • Mention, a reference to a brand, organization, campaign, or entity ;
  • Impression, the number of times an item has an opportunity to be seen and reach people ;
  • Reach, the total number of unique individuals who had the opportunity to see an item ;
  • Engagement, some action beyond exposure which implies an interaction between two or more parties ;
  • Conversation, some form of online or offline discussion by customers, citizens, stakeholders, influencers or other third parties ;
  • Influence, the ability to cause or contribute to a change in opinion or behavior ;
  • Key Influencer, a person or group of people who possess greater than average potential to influence due to attributes such as frequency of communication, personal persuasiveness or size of and centrality to a social network, among others ;
  • Influencees, a person or group of people who change their opinion or behavior as the result of exposure to new information ;
  • Influencer Marketing, the act of a marketer or communicator engaging with influencers to act upon influencees in pursuit of a business objective ;
  • Sentiment, the feelings the author is trying to convey, often measured through context surrounding characterization of object ;
  • Opinion is a view or judgment formed about something, not necessarily based on fact or knowledge ;
  • Advocacy is public support for or recommendation of a particular cause or policy ;
  • Impact, the effect of a social media campaign, program or effort on the target audience ;
  • Value,  the importance, worth, or usefulness of something. Value may be described in financial terms (ROI) or in non-financial terms, for example in business performance management terms.

Ces définitions sont une très bonne chose, car elles vont permettre de construire un système de mesure standardisé, enfin j’espère. La première partie du chantier est donc achevée, et cette liste de définitions va s’agrandir au fil des temps. Reste maintenant aux éditeurs de solutions d’adapter leur offre à ces standards pour pouvoir mesurer de façon plus rigoureuse l’impact des actions entreprises sur les médias sociaux. Idéalement, il suffirait qu’un des gros éditeurs (Adobe, SalesForce) rejoigne ce groupe de travail pour que cette initiative de standardisation soit immédiatement adoubée.

J’adorerais avoir le retour d’expérience d’un éditeur sur ce sujet… Au hasard, celui de Mention qui vient juste d’annoncer une nouvelle version de sa plateforme.

Twitter accelère son développement : SocialTV, Analytics, publicités géolocalisées

Pendant que Facebook essaie de suivre les nouveautés et les usages clés développés ou mis en évidence par Twitter à savoir l’utilisation des hashtags pour faciliter et catégoriser les échanges entre internautes, mais aussi le microvlogging (Vine vs Instagram), Twitter continue d’innover et de se montrer superactif, je vous avais notamment présenté il y a quelques semaines le lancement de Twitter #music, mais qui pour le moment peine à trouver son audience. Dernièrement un ensemble de nouveautés et d’annonces du côté de Twitter ont retenu mon attention et je vous propose donc de revenir et d’analyser certaines d’entre elles.

Lancement des Twitter Analytics

Si jusqu’à alors l’accès aux statistiques n’étaient réservés qu’aux seuls annonceurs, désormais n’importe quel internaute peut avoir accès à des statistiques détaillées autour de son compte et de ses tweets. Même si la proposition de Twitter reste standard et largement en dessous de ce que l’on peut trouver comme statistiques chez d’autres services tiers spécialisés (TweetReach, SocialBro, …), ils n’en demeurent pas moins que cette ouverture témoigne de l’attention de Twitter d’apporter plus de services à ses internautes et ses annonceurs.

A l’instar de Facebook avec Facebook Insights, ou bien encore de Google avec le rachat de WildFire en juillet 2012, la monétisation de son service ne peut plus passer seulement par la publicité, et l’intention d’apporter des services Premium à des partenaires ou des annonceurs est désormais une vraie volonté (cf : La publicité à la performance se renforce chez Facebook).

Concrètement, vous pouvez accéder au service depuis Analytics.twitter.com (attention le message signifiant que le service n’est accessible que depuis les USA ne prévaut pas pour la fonctionnalité présentée, puisqu’il vous suffit ensuite de cliquer sur l’onglet “Statistiques”). Vous avez alors accès aux statistiques liées à vos followers mais aussi tous vos tweets postés (nombre de retweets, mises en favoris, nombre de clics sur les liens, mises en évidence de vos meilleurs messages…)

Les statistiques détaillées de votre compte et de vos tweets
Les statistiques détaillées de votre compte et de vos tweets

Rachat de Spindle, moteur de recommandations sociales et géolocalisées

Si Twitter est un formidable outil d’échanges et de conversations, il est pour nombre d’utilisateurs d’abord une plateforme de veille et de découvertes de contenus et d’informations. Twitter a bien compris que la fréquence d’utilisation de son service dépendrait également de sa capacité à savoir filtrer et recommander le bon contenu (dans différents univers, comme c’est le cas avec Twitter #music).

Nous sommes passés d’un mode de recherche non plus basée sur la recherche brute, mais sur la recherche parmi des recommandations concentrées d’abord sur votre réseau. Il suffit de voir les ambitions de Google avec le Social Search avec l’intégration du Author Rank et Publisher Rank liée à son compte ou sa page Google+, ou bien encore Facebook et son Graph Search. Le rachat de Spindle est un moyen pour Twitter d’aller plus vite dans le développement de son moteur de recommandation en profitant du rachat d’un service performant. C’est aussi un moyen pour Twitter au delà des contenus d’améliorer la performance des publicités contextualisées et géolocalisées. Ainsi Twitter, qui renforce notamment sa présence en France, avec enfin l’ouverture de son bureau commercial, entend bien accélérer son offre publicitaire à l’instar de Facebook qui dans le même temps annonce revoir et simplifier la sienne (cf : Facebook met de l’ordre dans ses formats publicitaires). En effet, Twitter devrait proposer d’ici la fin de l’année des formats publicitaires (tweets sponsorisés notamment) affichés en fonction de la géolocalisation de l’internaute… voire avec les systèmes de Social TV et de check-in devant son poste de TV, en fonction du programme TV que vous regardez.

Partenariats de Twitter autour de la Social TV

En quelques mois, Twitter, du fait de l’usage multi-écran des internautes, a su s’imposer dans l’écosystème de la Social Télévision, notamment face à Facebook qui entend bien se faire une place, aussi, sur ce territoire (cf : La Social Television : nouveau champs de bataille entre Facebook et Twitter). Il était alors normal de voir Twitter vouloir miser sur des partenariats avec des diffuseurs, des chaines et des programmes pour renforcer stratégiquememt cette légitimité acquise par l’usage.

Ainsi, Twitter vient de signer un partenariat avec Viacom permettant à ce dernier de profiter des fonctionnalités de Twitter pour rendre visible plus largement ses programmes et ses contenus vidéos. Twitter veut devenir une vraie compagnie media pour diffuser des contenus exclusifs, à l’instar de Google avec Youtube, tout en offrant un format interactif de plus en plus recherché par les diffuseurs et producteurs de contenus;

Twitter drague du côté des annonceurs et des agences et la semaine dernière lors des Lions de la Publicité à Cannes, Twitter a montré comment il se positionnait autour de la Social TV via une vidéo de présentation de son approche et de son offre : voir la vidéo de présentation

Conclusion

Avec la sortie la semaine dernière de Instagram Video ainsi qu’avec le déploiement des hashtags, Facebook entend bien montrer qu’il sait continuer à intégrer les usages recherchés et demandés par les internautes. Cependant, malgre le choix d’un format plus long que Vine (15 secondes contre 6 secondes) visant à se rappocher, pour les annonceurs, d’un format pus proche d’un spot publicitaire, les déçus, dont les utilisateurs photos de Instagram, se font largement attendre sur la Toile. Alors que la stratégie d’innovation de Facebook (Facebook Home, Facebook Poke) peine à séduire, ses tentatives de copie de Twitter, WeChat et Cie pourraient à terme faire passer Facebook d’abord pour un entreprise souhaitant rester à tout prix sur le sommet de la vague, au prix de la copie de services plus novateurs, qui dès aujourd’hui, se présentent plus comme une menace potentielle qu’une source d’inspiration.

Facebook lance ses #hashtags pour reconquérir les annonceurs et augmenter son inventaire publicitaire

Initialement inventés par Twitter, les hastags (“mot-dièse” en français, “mot-clic” en québécois) se sont révélés être un authentique succès auprès des utilisateurs. Utilisés pour sémantiser, structurer, moquer ou militer, les hashtags sont rentrés dans les usages quotidiens des médias sociaux et ont été adaptés tels quels sur plusieurs plateformes comme Tumblr, Pinterest ou Instagram. Récemment Google en a proposé une version alternative tout à fait convaincante : Up Close With The New Google+ Related Hashtags.

Après plusieurs années d’hésitations, Facebook s’est enfin décidé à adapter officiellement cette fonctionnalité : Public Conversations on Facebook. Les mots précédés d’un # sont donc maintenant cliquables et mènent à une sorte de page de résultat de recherche :

Les mot-clés de Facebook
Les mot-clés de Facebook

 

Les hashtags issus de messages publiés depuis d’autres plateformes sont également concernés. De plus, vous noterez qu’il y a maintenant une section “Hashtag” dans les propositions de recherche. Officiellement, cette fonctionnalité n’est que la première étape d’une série d’améliorations visant à faciliter la recherche contextuelle et le partage de sujets d’intérêt commun : Facebook copies Twitter yet again, launches hashtags to let users add context and discover shared interests.

Le fait que Facebook se contente de copier le fonctionnement des hashtags sur Twitter n’est pas réellement un problème, au contraire, cela va faciliter la tâche des annonceurs : Why It’s Time to Get Serious, Facebook Now Supports Hastags. Les équipes de Facebook sont à ce sujet très volontaires puisqu’elles incitent les marques à exploiter ces mots-clés dans leurs campagnes : Introducing Hashtags on Facebook. Nous pouvons logiquement nous attendre à de futures offres de hashtags sponsorisés, voir d’emplacements payants dans les résultats de rechercheFacebook Debuts Hashtags, Urges Advertisers to Use Them, Search implications are likely significant.

Les hastags à des fins publicitaires dans Facebook
Les hashtags à des fins publicitaires dans Facebook

Dans cette optique, le lancement des hashtags s’apparente donc à une manoeuvre très habille de Facebook pour augmenter son inventaire publicitaire, à la fois sur les hashtags génériques (ex : “FathersDay“) mais surtout sur les hashtags de marque qui vont forcer les annonceurs à payer pour être certains que leur page officielle sorte en première position et pour éviter se faire squatter. Suis-je en train de parler de racket des annonceurs ? Libre à vous de vous forger votre propre opinion. Dans tous les cas de figure, on ne peut pas reprocher à Mark Zuckerberg de chercher à diversifier les revenus publicitaires, car après tout, les investisseurs le réclament : Angry Investors Vent at Facebook’s First Shareholders Meeting.

Exemple de liste de résultats pour un hastag
Exemple de liste de résultats pour un hastag

Ce qui est par contre regrettable, c’est que cette fonctionnalité (tout comme la nouvelle mise en page et le nouveau moteur de recherche) n’est toujours pas accessible aux utilisateurs français (j’ai bien essayé de ruser en basculant mon interface en anglais, mais j’ai toujours l’ancienne mise en page). Je déplore également le fait que des petits malins commencent déjà à vouloir détourner cette fonctionnalité en cherchant à squatter le plus de hashtags possible :

Premiers cas de squatt de hashtags sur Facebook
Premiers cas de squat de hashtags sur Facebook

Nous ne pouvons néanmoins que nous réjouir du fait qu’il existe maintenant un standard pour exploiter des mots-clés à des fins publicitaires. Les premiers à en bénéficier vont être les chaînes de télévision qui vont très certainement généraliser l’utilisation des hashtags pour stimuler les conversations sur un programme. Une façon pour Facebook de revenir dans la course et tenter de reconquérir des annonceurs qu’ils avaient perdus au profit de Twitter. Nous pouvons également anticiper des pages thématiques éphémères pour des évènements comme le propose déjà Twitter (Nascar, Twitter Turn Hashtags Into Pit Stops#Euro2012 gets dedicated Twitter page).

Pinterest et Twitter vont-ils réussir à viabiliser le social commerce ?

Marche. Marche pas. Marche. Marche pas… C’est en substance l’évolution du consensus sur le social commerce. Peut-on réellement vendre sur les médias sociaux ? Non, pas réellement. Mais heureusement, l’acte d’achat ne se limite pas à la mise au panier et à la saisie d’un N° de carte bancaire. Comme je me suis déjà exprimé sur le sujet (Est-ce la fin du social commerce ?), je ne reviens pas dessus.

Une récente étude du cabinet Yuseo nous révélait le mois dernier que les acheteurs fréquents n’utilisaient pas les réseaux sociaux dans le cadre de leur achat : Réseaux sociaux pour les achats en ligne, miroir aux alouettes ou réel levier ?. Soit, mais je reste persuadé que les médias sociaux ont un impact sur les phases amont et aval du processus d’achat. Nous en étions à ces réflexions quand cou sur coup, deux plateformes sociales majeures ont annoncé de nouvelles fonctionnalités très intéressantes.

Il y a tout d’abord Pinterest, la fameuse plateforme d’inspiration et de partage qui m’a dans un premier temps laissé sceptique (Connaissez-vous Pinterest, le dernier épiphénomène d’une longue série), mais qui se révèle finalement très populaire sur la durée, au point d’intéresser Rakuten, le géant du commerce en ligne japonais qui y a investi 100 M$. S’appuyant sur différents formats de meta-données (oEmbed, Schema.org, Open Graph, micro-formats…) les photos sont maintenant enrichies d’informations complémentaires : Introducing More Useful Pins. Ce supplément d’information fonctionne pour les recettes de cuisine, les films, ainsi que les produits :

Les rich pins sur Pinterest
Les rich pins sur Pinterest

L’intégration est plutôt simple à réaliser et il existe une documentation détaillée sur les Rich Pins : Product Rich Pins Documentation. Une initiative qui semble plaire aux marques, mais également aux éditeurs de sites de contenus : Pinterest takes a “first step” toward working with big brands.

Exemple de publication enrichie sur Pinterest
Exemple de publication enrichie sur Pinterest

Même principe chez Twitter, qui fait évoluer son principe d’Expended Tweet avec les Twitter Cards : Get more from 140 characters. Là encore, il suffit de rajouter les bonnes meta-données à vos contenus (article, image, application, lecteur média…) pour pouvoir afficher des informations complémentaires (résumé, aperçu…). Très bonne nouvelle, ce principe s’applique également aux produits sur les versions web et mobile :

Les Twitter Cards sur le web et les smartphones
Les Twitter Cards sur le web et les smartphones

Là encore, l’intégration est très simple et le résultat est plus que convainquant, comme vous pouvez le constater avec ce même produit tweeté avant et après.

Exemple de tweet de produit avec et sans meta-données
Exemple de tweet de produit avec et sans meta-données

Encore mieux, ils viennent d’annoncer la possibilité de faire de l’embasement directement depuis un tweet : Twitter just added Lead Generation to Twitter Cards.

Recruter des membres directement depuis un tweet
Recruter des membres directement depuis un tweet

Pour le moment, cette fonctionnalité est encore réservée aux sites partenaires US, mais ils devraient prochainement la déployer dans le monde et auprès de “petits commerçants”. Je ne peux qu’approuver ces initiatives tant elles sont indolores d’un point de vue technique et tant elles vont permettre de mieux qualifier le trafic entrant pour les boutiques en ligne. Finalement, j’ai comme l’impression que nous avançons dans la bonne direction et qu’après quelques égarements, les différentes plateformes sociales commencent à proposer de réels outils d’aide à la vente.

L’avènement des applications sociales mobiles

Si vous lisez ce blog régulièrement, vous devez très certainement être familié avec le concept de SoLoMo (Social + Local + Mobile) et aux innombrables opportunités qu’il offre. Jusqu’à présent, les applications de social location comme Foursquare étaient les seules à tirer parti des trois leviers, mais les usages autour de cette plateforme se sont tassés (euphémisme). Mais comme c’est toujours le cas, un créneau ne reste jamais libre très longtemps, et une nouvelle génération d’applications sociales mobiles a émergé en très peu de temps. Nous assistons donc aujourd’hui à une authentique bataille de chiffres autour de la soit-disants plateforme dominante. Une bataille d’autant plus intéressante, que les applications asiatiques sont en train de distancer les applications occidentales.

À l’origine de cette tendance, il y a les ancêtres (Yahoo! Messenger, MSN Messenger, ICQ…) qui ont popularisé les usages de messagerie instantanée. Puis nous avons vu arriver une série d’applications mobiles de group chat comme GroupMe ou Beluga (racheté par Facebook), qui ont évolué en des applications de partage comme WhatsAppKik ou SnapChat (qui permet de partager des vidéos ou photos éphémères). Ces applications rencontrant un grand succès auprès des jeunes, les grands acteurs se sont empressés de relancer ou repackager les leurs : Skype pour Microsoft, Hangouts pour Google et BB Messenger pour RIM. Même Orange s’est lancé timidement sur ce créneau avec Libon. Pourquoi un tel engouement pour les applications de messagerie instantanée sur mobile, alors que nos smartphones sont de plus en plus puissants et offrent des fonctionnalités bien plus sophistiquées ? Tout simplement car ces applications remportent un succès phénoménal en Asie, et que ce succès leur permet de s’attaquer maintenant aux marchés occidentaux. Peut-on parler de manoeuvre défensive ? Oui je pense.

Parmi les applications sociales mobiles les plus populaires en Asie, nous distinguons :

Je ne sais pas pour vous, mais je trouve que l’avènement de ces quatre applications mobiles dépassant les 100 millions d’utilisateurs est un sacré signe de l’appétence du marché. Nul doute que ces applications mobiles vont savoir capitaliser sur leur base d’utilisateurs dans leur pays d’origine. Par contre, la conquête de l’Ouest risque d’être plus compliquée, à moins de bénéficier de moyens financiers importants. C’est justement ce qui fait la force de WeChat (né Weixin) qui a été lancé par Tecent, la maison-mère de QQ (entre autres).

Outre les fonctions classiques de messagerie de groupe, VoIP et partage de photos / vidéos, WeChat propose des fonctionnalités tout à fait inédites :

  • Moments, qui permet de partager des photos et vidéos éphémères (qui s’effacent au bout de quelques secondes) ;
  • Shake et Look Around, qui permettent d’interagir avec d’autres utilisateurs à proximité ;
  • Drift Bottle, qui sert à envoyer un message à un inconnu (comme de jeter une bouteille à la mer) ;
  • Web WeChat, pour poursuivre une conversation initiée sur un smartphone sur n’importe quel ordinateur (et inversement).

Comme vous pouvez le constater, l’application est plutôt sophistiquée et favorise la mise en relation avec des inconnus (10 Awesome Features from WeChat That You Don’t Wanna Miss). De plus, elle propose une plateforme pour les applications tierces et jeux (comme Facebook) et des pages officielles pour les marques : Starbucks Gets Even More Social in China, Lets Fans Follow in WeChat App.

L'utilisation de WeChat par Starbucks
L’utilisation de WeChat par Starbucks

Outre la richesse fonctionnelle, ce qui semble particulièrement plaire aux utilisateurs est de développer des interactions sociales éphémères, contrairement à tout ce que l’on peut faire sur Facebook ou Twitter qui laisse des traces (Les échanges éphémères pour avoir l’impression de reprendre le contrôle de ce dont on est dépossédé ?). Sur ce point-là il semble que le choix d’ouverture de Facebook joue en sa défaveur, car les utilisateurs lui préfèrent des alternatives plus “discrètes” : Study says teens are ditching Facebook for Snapchat, 4chan, Wanelo and Kik et Korea-only KakaoHome outpaces Facebook Home with 500,000 downloads in its first 9 days.

WeChat est-il donc le futur Facebook ? Heu… non pas tout à fait dans la mesure où Facebook est cinq fois plus gros et où l’on peut tout à fait utiliser les deux plateformes parallèlement (l’une ne remplaçant pas l’autre). Ceci étant dit, il serait tout à fait opportun pour les marques d’exploiter les opportunités locales et contextuelles de cette plateforme, notamment les Drift Bottles et les Moments.

Encore une fois, je ne pense pas qu’il faille parler de remplaçants de Facebook ou Twitter, mais plutôt d’une évolution dans les usages et surtout d’un phénomène de renouvellement naturel des supports : les internautes migrant d’une plateforme à une autre simplement pour l’attrait de la nouveauté (The Future Of Mobile-Social Could Spell The End For Social Networks). Assurément une tendance à suivre de près…

Le nouveau Google+ débarque : ce qu’il faut retenir

Vous ne l’avez probablement pas remarqué si vous ne vous connectez pas fréquemment sur votre compte Google+, a contrario des plus de 5 millions de visiteurs uniques qui compteraient le service en France, mais depuis hier, et l’annonce lors du Google I/O, Google a relifté son réseau social Google+. Je vous décrypte en détail les principaux éléments à retenir et ce que cela témoigne de la stratégie de Google par rapport à son service Google+.

Avant toute chose, il faut garder à l’esprit que Google+ malgré un existence de plus de un an et demi maintenant, et malgré des chiffres mis en avant par certains (plus de 500 millions de comptes créés) est loin d’atteindre ses objectifs en terme d’audience réelle et, surtout, de fréquence d’usage. En moyenne, les utilisateurs passent 7 minutes sur Google+… par mois. On est bien loin des chiffres de services comme Twitter, Pinterest, Facebook…

Sauf que dans l’esprit de Google et de ses fondateurs, Google+ est moins un réseau social vu comme un produit autonome dans l’écosystème des solutions proposées par Google aux internautes et entreprises qu’une couche sociale qui vient “socialiser” et “filtrer” l’expérience que vous avez d’un ensemble de services Google allant de la recherche à Youtube (cf : Comment Google est-il en train de faire sa révolution ?). La question qui se pose même de manière générale est clairement la pertinence de Google+ qui est un réseau sur lesquels sont partagés un nombre croissant de contenus mais dont les relayeurs / auteurs cherchent d’abord un impact sur leur référencement

Retour sur les changements notables des derniers mois liés à Google+

Avant de refondre ergonomiquement Google+, Google avait déjà lancé un ensemble d’initiatives significatives ces dernières semaines :

  • Google Author Rank et Google Publisher Rank : que ce soit pour les particuliers ou pour les entreprises, Google vous propose depuis plusieurs semaines d’identifier que votre blog vous appartient et que vous êtes auteur de contenus sur celui-ci. Pour ce faire, en ajoutant le lien vers votre compte Google+ sur votre blog et en indiquant sur votre profil Google+ que vous êtes bien auteur du blog, les résultats dans le moteur de recherche Google liés à votre blog s’afficheront différemment… et surtout auront plus de chances d’apparaitre auprès des personnes qui vous ont ajouté dans leurs cercles Google+ ;

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L’impact de Google Author Rank sur votre référencement naturel
  • Google+ Comments : il y a un un mois, Google annonçait lancer la fonctionnement de Google+ Comments qui vous permet sur votre blog ou site d’intégrer le module de commentaires de Google+. A l’instar de Facebook, Google+ essaie donc de se faire une place plus grande en dehors de son propre réseau social en proposant des fonctionnalités aux webmasters / développeurs pour récolter des contenus plus facilement, tout en mettant en avant les impacts positifs potentiels sur le référencement et la visibilité du contenu ainsi commenté. Il est également plus simple pour l’auteur d’un commentaire d’inviter à participer à la conversation des personnes au sein de ses cercles Google+ en les notifiant d’un commentaire ;

Google+ Comments
Le module de commentaires Google+ intégrable sur son blog / site
  • Google+ Sign-In : dans la logique de Google+ Comments, et également à l’instar de ce que propose déjà Facebook, Twitter ou bien encore LinkedIn, la fonctionnalité permet à tout développeur de proposer comme identifiant d’inscription sur leur propre site / application, l’identifiant Google+. Au delà de la visibilité potentielle offerte pour leur site / application sur un réseau social, le but est également de proposer, pour les plus réticents à Facebook, une solution potentielle alternative. Les bénéfices recherchés sont identiques ici à ceux que Facebook mettait en avant lors du lancement de Facebook Connect il y a plus de 4 ans maintenant (Pourquoi intégrer Facebook Connect sur votre site ?)? L’autre bénéfice de Google+ Sign In, pour les services disposant d’une application mobile disponible sous Android, est la facilité pour l’utilisateur de télécharger l’application mobile : l’exemple ci-dessous du site The Fancy.

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Un autre avantage de Google+ Sign-In : la facilité de télécharger l’application mobile Android d’un service
  • Google+ Communautés : cette fonctionnalité lancée fin d’année dernière est la réponse de Google+ aux groupes Facebook mais surtout à la volonté de ce dernier et dans une moindre mesure de Twitter d’enrichir les contenus partagés sur leurs services. Avec les fameux +1, Google+ proposait son propre service facilitant le partage mais tout cela apparaît peu consolidé. L’ambition des Communautés est d’avoir un ensemble de pages alliant contenus, discussions et avis et sur lesquels les internautes pourront plus facilement s’y retrouver en fonction des thématiques qu’ils aiment ou sur lesquels ils souhaitent échanger. La fonctionnalité n’a rien de révolutionnaire en soi, puisque LinkedIn et Viadeo dans le domaine professionnel propose également leurs systèmes de groupe. Mais la force de Google est son moteur de recherche et l’ambition désormais de Google est de plus en plus combiner de manière pertinente recherche et supports sur lesquels sont hébergés les contenus. Si Youtube a clairement marqué, avec la vidéo, une étape majeure et significative dans cette stratégie, elle s’est clairement relevé payante (plus de 1 milliard d’utilisateurs actifs par mois / 72 heures de vidéo uploadées chaque minute / 6 milliards d’heures de vidéos vues chaque mois). Aujourd’hui, plus de la moitié de la bande passante Internet Nord-Américaine est consacré à la consommation de contenus vidéos sur Youtube et Netflix ! L’arrivée des chaines payantes, au delà des autres principes publicitaires déjà intégrés, sont le témoignage de la forte monétisation qui est désormais fait de cet espace de consommations de contenus. Le lancement à venir de Google Music All Access pour un forfait mensuel de 7,99$, concurrent direct de Spotify, Deeezer mais aussi Apple, est également une preuve supplémentaire (tout en étant également une réponse à l’arrivée de Twitter sur ce créneau avec Twitter #Music que je vous avais présenté dans Twitter Music : Pourquoi Twitter lance-t-il son service d’écoute et de partage de musique ?)

Les nouveautés liées à la refonte de Google+

Fort de tous ces changement ces derniers mois, Google se devait désormais de se reconcentrer sur l’ergonomie même de son réseau social comme ils l’ont fait dernièrement pour Youtube (Nouveau design des chaînes Youtube : ce qu’il faut retenir) , c’est désormais chose faite avec une profonde refonte du service dont les principaux changements sont :

  • Un flux d’actualités présenté sous la forme de blocs, qui est directement hérité de la présentation des pages et des profils sur Facebook… jusqu’aux changements d’il y a quelques semaines. Cependant différence notable est que le disposition des blocs s’adaptent en fonction de la taille de votre écran afin de donner l’impression de “remplissage”. Autant la mode en deux colonness restent pratiques, autant, personnellement, je ne suis pas fan du mode de lecture et de consultation de l’information sur un écran plus large où l’on se retrouve à la croisée entre Pinterest et Netvibes à mon goût, ce qui ne semble pas idéal pour un mode de navigation non pas autour de contenus visuels mais de contenus texte.

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La présentation du flux d’actualités de Google+ passe en 2 colonnes minimum
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L’interface Google+ sur un écran plus large
  • La mise en avant de contenus “populaires et recommandés sur Google+”. Afin d’inciter les internautes à utiliser plus fréquemment Google+ pour se renseigner au delà de l’actualité de leurs proches ou de leurs réseaux, Google met en avant des contenus qu’ils jugent pertinents en fonction de votre profil. Si certains commencent ici à parler de l’envie de Google d’habituer l’internaute à voir des contenus provenant de comptes ou de pages auxquelles il n’est pas abonné (pour demain mieux monétiser cette mise en avant “sponsorisée”), c’est surtout le besoin de Google+ de mettre en avant le peu de contenus qu’il a à disposition compte tenu que peu d’internautes partagent du contenu sur Google+ et que votre flux d’actualités, s’il se restreint uniquement aux personnes dans vos cercles, pourrait être trop faiblement mis à jour pour vous inviter à vous connecter fréquemment.

  • Le menu latéral de navigation a également été revu et disparaît lorsque la souris se trouve sur l’espace central.

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Le menu de navigation latéral change d’apparence (visuel en mode déployé)

Et vous, quel est votre avis sur cette nouvelle version de Google+ ?

Un livre sur le désenchantement des médias sociaux

Voilà plus de 6 ans que j’édite ce blog et que j’y décortique l’actualité et les tendances des réseaux sociaux. Il s’est passé beaucoup de choses en 6 ans et le paysage des médias sociaux a énormément changé, de même que les usages. Il existe quantité de livres traitant des médias sociaux (j’essaye d’ailleurs d’en finaliser un depuis des mois), mais rares sont ceux qui abordent la désillusion que commencent à ressentir les utilisateurs. Aussi j’ai tout de suite été séduit par l’idée de rédiger la préface du livre “Le miroir brisé des réseaux sociaux.

D’une part ce projet livre a été initié par Alain Lefebvre, grand précurseur de l’internet et fondateur de 6nergies (un réseau social franco-français qui était en concurrence avec Viadeo à l’époque), d’autre part, il aborde le phénomène de Facebook Fatigue de façon simple et pragmatique. L’accroche du livre est “Analyse critique des apports réels des réseaux sociaux“. Pas réellement de révélations fracassantes ou d’avis très tranché, simplement un constat réaliste de ce que les réseaux sociaux apportent aux utilisateurs lambda, soit une bonne partie. Cet ouvrage est disponible en version papier ou électronique dans toutes les bonnes librairies, je vous laisse le chercher…

Comme convenu avec les auteurs, je partage avec vous la préface que j’ai rédigée pour l’occasion.

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D’ici à 5 ans, les réseaux sociaux seront comme l’air“. À mesure que nous approchons de l’échéance, cette prédiction lancée par Charlene Li en 2008 semble de plus en plus pertinente. Si les annonceurs peuvent se réjouir de l’omniprésence de plateformes sociales comme Facebook, YouTube ou Twitter, le risque auquel ils sont exposés est celui de la banalisation. Ces plateformes sont là, tout le monde les utilise tous les jours, mais plus personne n’y fait attention. Pour éviter de suivre le même destin que Yahoo, MSN ou Ebay, les éditeurs de plateformes sociales innovent tous les mois et investissent des sommes considérables en croissance externe pour maintenir l’intérêt. Le problème est que la surenchère à laquelle se livrent les éditeurs et annonceurs pour capter et garder l’attention des membres est un processus destructeur dont on ne mesure pas bien les dégâts.

Le livre que vous tenez entre vos mains est l’occasion de prendre du recul et surtout de bien appréhender le paradoxe des médias sociaux : nous n’avons jamais eu autant de choses insignifiantes à dire. L’évolution naturelle des réseaux sociaux et la sur-exposition offerte par les médias traditionnels ont participé à l’appauvrissement des échanges et la culture de l’instant présent : les internautes ont petit à petit délaissé les blogs et leurs longs articles pour passer toujours plus de temps sur des plateformes sociales où ils peuvent publier et interagir avec des micro-contenus (photos, messages courts…).

En quelques années, Facebook est ainsi devenu LA plateforme sociale de référence où il faut voir et être vu, le lieu de passage obligatoire où l’on cherche à faire le buzz à tout prix, et vite. Malheureusement, tous les membres n’ont pas le talent ou la vie trépidante qu’ils fantasment d’avoir. De même, toutes les marques qui s’y essayent n’ont pas la culture ou la renommée pour faire rêver des millions de fans, ou les moyens d’envoyer un homme dans l’espace !

La désillusion constatée et la déception générée par les médias sociaux est la suivante : contrairement aux réseaux sociaux dont la valeur augmente avec le nombre de membres, la qualité des publications et interactions sur les médias sociaux diminue avec le nombre de membres (il ne peut pas y avoir 1 milliard de Lady Gaga ou Red Bull). C’est là toute la différence entre LinkedIn et Facebook. C’est là toute la différence entre le Facebook des débuts (à l’époque où il était restreint aux étudiants de Harvard) et le Facebook de 2013, ouverts à tous, pour le meilleur et surtout pour le pire.

Le basculement de réseau social (fermé) à celui de média social (ouvert et public) est la facteur déclenchant d’un phénomène de banalisation qui pousse notamment les jeunes à délaisser les plateformes sociales utilisées par leurs parents et professeurs pour adopter des applications mobiles de socialisation éphémères : les discussions et photos publiées ne sont pas forcément d’un plus grand intérêt, mais au moins elles ne laissent pas de trace et l’on ne vous demande pas de payer pour les partager avec le plus d’amis possible.

Nous abordons ici la deuxième grande supercherie des médias sociaux : celle de nous faire croire qu’en payant vous aurez plus de chance d’intéresser les membres de votre communauté. Pourtant nous savons tous que crier ne rend pas vos propos plus intéressants. Autant les offres publicitaires de Facebook ou Twitter répondent à un besoin réel d’exposition pour les marques, autant il m’est impossible de cautionner de telles pratiques pour les particuliers. J’ai mis 10 ans à me constituer une audience de fidèles lecteurs au travers de mes blogs, il est illusoire de penser que ces dix années d’efforts peuvent être rattrapées en payant 10 ou 20 € pour promouvoir une publication auprès du plus grand nombre de membres.

L’anthropologue britannique Robin Dunbar a publié en 1993 sa théorie sur le nombre maximum d’amis avec lesquels un individu peut entretenir une relation stable. Dépassé 150 personnes, la confiance mutuelle et la communication ne suffisent plus à assurer la cohésion du groupe. Les réseaux sociaux nous ont été présentés comme la solution à cette limite, mais elle est incomplète dans la mesure où s’il n’y a pas de limite à la taille de notre réseau de connaissances, le cercle proche de nos amis nécessite des interactions sociales de proximité. Si des plateformes sociales comme Twitter ou Facebook nous permettent de toucher plus de 150 personnes, elles ne nous permettent pas de tisser des connexions émotionnelles pour les inclure dans notre premier cercle social. En revanche, les blogs se révèlent être des outils de communication très performants pour fédérer un groupe important de lecteurs, surtout dans le cadre d’une activité professionnelle pointue ou si vous êtes particulièrement impliqué dans une passion (cuisine, scrapbook, modélisme…).

Ceci étant dit, les médias sociaux ont irrémédiablement changé notre façon de communiquer, d’interagir et de sociabiliser. Peut-être la notion même d’amitié doit-elle être révisée pour mieux correspondre aux usages des générations Y et Z. Dans tous les cas de figure, ce livre vous aidera à mieux comprendre les limites des réseaux sociaux et vous donnera de précieux conseils pour les exploiter aux mieux à vos fins tout en évitant de succomber au miroir aux alouettes.

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Cette préface est très critique, mais elle est de circonstance au vu des propos du livre. Tout comme il existe d’innombrables textes débordant d’optimisme au sujet des réseaux sociaux, je pense qu’il est important d’avoir également un point de vue critique pour relativiser l’impact des médias sociaux dans le quotidien des consommateurs, et pas seulement les initiés (qu’ils soient membres de la génération Y ou non).

Twitter lance le ciblage publicitaire par mot-clés

Twitter est une figure emblématique des médias sociaux. Seul concurrent sur son créneau, le service de microblogging s’est illustré ces derniers mois sur plusieurs aspects :

La semaine dernière, se tenait à NY la grande conférence annuelle pour les annonceurs, l’occasion pour eux d’annoncer un certain nombre de nouveautés : Twitter4Brands, 10 key points for yesterday’s Twitter for Brands conference. Parmi toutes ces nouveautés, la plus intéressante est la possibilité de cibler un utilisateur en temps-réelTwitter now allows advertisers to target specific words used in tweets. Avec cette nouvelle offre, les annonceurs vont pouvoir afficher un tweet sponsorisé dans la timeline d’un utilisateur juste après que celui-ci ai publié un message contenant un ou des mots-clés.

La publicité ciblée en fonction de mots-clés
La publicité ciblée en fonction de mots-clés

Cette nouvelle offre publicitaire (Keyword Targeting) est d’autant plus intéressante qu’elle peut être couplée avec l’interface de ciblage socio-géographique. En d’autres termes : vous pouvez définir une typologie d’utilisateur (homme / femme), un contexte d’usage (desktop/mobile) et un lieu géographique pour affiner encore plus votre ciblage. Si un membre publie un tweet disant qu’il a faim et qu’il mangerait bien une pizza, un coupon de réduction pour la pizzeria la plus proche sera affiché dans sa timeline quelques secondes plus tard.

L'interface de ciblage de Twitter
L’interface de ciblage de Twitter

Entre le ciblage par intérêt, le ciblage géographique et le ciblage par mot-clé, Twitter est maintenant en mesure de proposer des solutions publicitaires équivalentes à Google, Facebook et Foursquare. Par contre, il n’est pas encore possible de combiner ciblage par mot-clés et par intérêt, comme le précise AdAge : Twitter Looks to Emulate Google With Keyword Ad Targeting.

Ceci étant dit, il y a fort à parier que cette combinaison sera très prochainement disponible, ce qui ferait de Twitter une plateforme publicitaire redoutablement efficace. Par contre, toutes ces options de ciblage sont inopérantes pour les utilisateurs qui se contentent de lire les tweets, mais ne publient rien (et il y en a des dizaines de millions).

Avec ces nouvelles offres, les annonceurs ont réellement de quoi se réjouir. Les observateurs s’accordent à dire que Twitter est maintenant fin près pour son introduction en bourse, à moins qu’ils ne préfèrent choisir un gros investisseur comme l’a fait son concurrent chinois (Alibaba grabs 18% of SINA’s microblogging service Weibo with a $586m investment).