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MédiasSociaux.fr Dangers du Cloud Autres polémiques Prêt BPI Covid aux entreprises, un contrat qui engraisse les banques sur le dos des PME
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MédiasSociaux.fr Dangers du Cloud Autres polémiques Prêt BPI Covid aux entreprises, un contrat qui engraisse les banques sur le dos des PME

Prêt BPI Covid aux entreprises, un contrat qui engraisse les banques sur le dos des PME

27 Avr 2020

Je suis entrepreneur depuis 20 ans et j’ai fait une demande de PGE, le Prêt Covid 19 Garanti par l’Etat à ma banque, la Banque Populaire Rives de Paris, pour financer le Besoin en Fonds de Roulement de mon entreprise (BFR), une PME du secteur internet.

La lecture du contrat de prêt que j’ai reçu le 23 avril 2020 m’a profondément écœuré, à tel point que j’ai décidé de ne pas demander d’argent à la BPI, car le risque est beaucoup trop élevé. Ce contrat, que je considère comme l’arnaque des banques à la BPI et aux PME, contient en son sein un article qui sera un levier très puissant pour accélérer la cessation de paiement DES LE PREMIER défaut de remboursement d’une mensualité.

Le mécanisme mis en place par l’Etat d’aide aux entreprises Françaises et de contribution à la sauvegarde de millions d’emplois dans les PME a été détourné par ma banque, mais j’imagine par toutes les autres, pour s’enrichir en appuyant sur la tête des entreprises en train de se noyer.

Comment ???

Prenez 5 minutes pour lire l’analyse du contrat de prêt, mais plus particulièrement le Cas N°3, car c’est là où vous allez vraiment comprendre comment les banques vont faire pour s’enrichir honteusement sur le dos des entreprises en grave difficulté à cause de la crise du Covid 19.

Quoi qu’il en coûte ??? Sauf pour les banques … Bienvenue dans le monde sans pitié des affaires.

Prêt Covid 19 Garanti par l’Etat : Arnaque pour les PME, énormes frais bancaires engrangés par les banques

Voici un petit rappel très rapide de la proposition :

Le contrat de prêt s’organise en 2 temps

  1. 2020 : Signature du PGE, le contrat de prêt garanti par l’Etat entre une entreprise et une banque, d’un montant maximum de 3 mois de CA 2019 et versement des fonds
  2. Période de 12 mois après la signature, dite « période initiale », au terme de laquelle l’emprunteur peut rembourser intégralement le prêt ou l’amortir sur 3 ou 5 ans

3 cas sont possibles à l’échéance de 12 mois

  • Cas N°1 : Je peux rembourser le prêt en totalité
  • Cas N°2 : Je ne peux pas rembourser le prêt. Je dois donc l’amortir sur 3 ou 5 ans, mais mon activité va probablement me permettre d’honorer chacune des mensualités pendant toute cette période. Tout devrait bien se passer, comme pour n’importe quel emprunt
  • Cas N°3 : Je dois amortir le prêt sur 3 ou 5 ans, mais mon activité va baisser et je vais avoir des problèmes pour rembourser chacune des échéances.
    L’Etat s’est porté caution pour moi et remboursera la banque en cas de défaut de paiement. Mais préalablement à ce remboursement du prêt par l’Etat, la banque a mis en place un mécanisme redoutable pour se servir directement et à volonté dans mes comptes bancaires sans que je puisse m’y opposer

Cas N°1, je peux rembourser le prêt en totalité 12 mois après la signature

Si j’avais emprunté « par précaution » et que je n’ai « pas trop » été impacté par la crise du Covid19 en 2020-2021, je n’ai pas, ou peu, utilisé les fonds empruntés pour survivre. Je peux donc rembourser le prêt en totalité à l’échéance de la « période initiale », sans payer de frais de remboursement anticipé.

A noter que si je décide de rembourser par anticipation avant les 12 mois, je dois payer une indemnité de 2% du capital remboursé par anticipation ! Mais si je rembourse par anticipation, c’est que je serai sauvé et probablement presque content de payer la banque.

Cas N°2, je dois amortir le prêt sur 3 ou 5 ans, mais je vais pouvoir honorer chaque échéance pendant cette période

Cette hypothèse est un cas classique de remboursement d’emprunt qui se passe sans problème.

Par contre, le gouvernement nous annonce un taux fixe de 0,25%, mais c’est faux, car il est indexé sur l’Euribor 3M. C’est donc un taux variable, car la nature de l’Euribor est de varier.

Voici l’article du contrat de prêt :

A noter que si mes affaires s’améliorent pendant la période d’amortissement et qu’à un moment donné, je peux rembourser par anticipation, le coût du remboursement par anticipation est de 3% à 6%, c’est à dire 300 € ou 600 € par tranche de 10 000 € remboursés.

J’avais cru comprendre que le PGE était un soutien aux entreprises en difficulté. Mais non, c’est faux, les banques ne font aucun cadeau aux PME !

Voici l’article du contrat de prêt :

Cas N°3, je dois amortir le prêt sur 3 ou 5 ans, mais je vais probablement être dans l’impossibilité d’honorer chacune de mes mensualités pendant cette période

La crise qui s’annonce va être terriblement puissante. Je pense que l’immense majorité des entreprises qui a souscrit le PGE va avoir des problèmes pour payer chacune des 36 ou 48 mensualités.

Chaque défaut de paiement va permettre à la banque d’activer automatiquement l’article « Frais – accessoires – pénalités de retard », dont voici la copie :

Tout Gérant ou Président d’une entreprise en manque de liquidités qui signe aujourd’hui le Prêt Garanti par l’Etat autorise sa banque par contrat, en tout cas la Banque Populaire Rives de Paris, à ponctionner à tout moment, dès le premier incident de paiement, sans aucun préavis ni aucune mesure, des intérêts de retard au taux du prêt majoré de trois points capitalisables, ainsi que tout type de frais et de pénalités imaginées, calculées et mises en œuvre selon le bon vouloir du prêteur. Cette clause du contrat, c’est le fait du prince, c’est une arnaque. Je crois rêver !

Les banques profitent du prêt garanti par l’Etat pour mettre en place la redoutable machine à cash qui fonctionne extrêmement bien avec les Français les plus pauvres.

  • Un chèque impayé : 50 € prélevés
  • Une relance téléphonique pour prévenir le client : 50 € prélevés
  • Une lettre d’information automatique pour répéter ce qui a été dit au téléphone : 15 € prélevés
  • Une « intervention » : 8 €
  • Etc.

Si je suis en défaut de paiement d’UNE SEULE échéance, ma banque va pouvoir m’envoyer un courrier par semaine et m’appeler chaque jour, puis facturer et prélever à volonté ce qu’elle a envie, sans aucune limite à son nouveau pouvoir totalement légal, puisqu’elle a libre accès à mes avoirs bancaires et que j’ai signé un contrat lui donnant mon accord de prélever ce qu’elle juge utile de prélever.

Elle va pouvoir décider elle même des actes à réaliser à mon encontre, des types de frais à me facturer et prélèvera sur mon compte, quand elle le voudra, les sommes qu’elle décidera elle même sans que j’aie quelque chose à dire. Il lui suffira d’éditer un tarif, de me le faire valider d’autorité en me faisant cliquer sur un bouton « j’accepte » un jour où je me connecterai à mon compte en ligne et je serai piégé. Si je « refuse » de cliquer sur « j’accepte », je n’aurai plus accès à mon compte en ligne. Le tour est joué, c’est imparable !

Les banques ont déjà mis en place cette mécanique avec les particuliers et ça fonctionne très bien pour tous ceux qui ont des problèmes de fin de mois. Elles vont faire la même chose avec les entreprises qui signent ce prêt BPI garanti par l’Etat. Les PME en difficulté vont devenir un immense festin pour les banques, ça va être open bar garanti dans les comptes bancaires des canards boiteux Français !

Il va y avoir des dizaines ou des centaines de milliers d’entreprises défaillantes dans les mois à venir. C’est certain, il ne faut pas se voiler la face, ça va être une hécatombe.

Le PGE sensé les aider à survivre et à dépasser la crise du Coronavirus va en fait enrichir les banques sur le dos des entreprises Françaises les plus fragiles et faire couler définitivement les plus faibles.

La question qui doit être posée à ce stade de l’exposé est celle de savoir qui va mettre en œuvre la garantie de l’Etat si une entreprise ne peut rembourser son prêt. La banque ou le gérant de l’entreprise défaillante ?

La réponse se trouve dans cette question : Quel sera l’intérêt de ma banque de demander à l’Etat de rembourser mon prêt avant que je dépose le bilan ? Aucun.

L’intérêt de ma banque sera donc clairement de laisser pourrir la situation le plus longtemps possible pour ponctionner un maximum de frais bancaires avant que je ne dépose le bilan. Regardez les banques pratiquer avec les Français les plus pauvres, elles en profitent honteusement, elles savent comment faire !

Ma banque sera la seule gagnante. Quel beau métier que celui de banquier !

Conclusion : Les banques vont devenir de fait le créancier privilégié des canards boiteux, bien avant les salariés

La loi fait un classement des créanciers d’une entreprise en redressement ou en liquidation judiciaire. Les salariés, qui ont un surperprivilège, doivent être payés en priorité, juste après les frais de justice.

Signer ce contrat de prêt BPI, c’est accepter de placer ma banque comme créancier privilégié AVANT mes salariés, sans aucune contrepartie de création d’actif en face de ces frais bancaires.

  1. Si je dispose de la trésorerie pour me financer pendant la crise, je peux emprunter dans le cadre du prêt garanti par l’Etat, je ne risque rien. Mais dans les faits, si ce prêt ne me sert à rien, autant ne pas le contracter
  2. Si je n’ai pas la trésorerie suffisante pour financer mon BFR pendant la crise qui s’annonce terrible et si je contracte ce prêt Covid19 garanti par l’Etat, c’est parce les risques de faillite sont réels pour moi. Si je suis en défaut de remboursement d’UNE SEULE échéance, ma banque aura le droit de puiser en toute légalité tout ce qu’elle voudra dans mon compte, sans que j’aie quelque chose à dire

M. Macron, M. Le Maire : Bravo pour le soutien des banques sur le dos des PME en faisant croire le contraire à tout le monde.

Dites moi « les yeux dans les yeux » : Comment avez vous négocié le prêt de 7 milliards à Air France ? Est-ce que vous allez laisser les banques se servir dans les caisses d’Air France comme elles vont le faire avec les PME ? Pourquoi cette différence de traitement ?

N’oubliez pas qu’il y a 3 millions de PME en France qui emploient environ la moitié de la masse salariale en France (source les Echos). Si vous laissez les banquiers leur appuyer sur la tête au moment où elles sont en train de se noyer, vous allez créer des millions de chômeurs et l’Etat sera obligé d’assumer sa caution sur ces centaines milliards de prêts engagés.

L’auteur

Je m’appelle Jean François Boscher. J’ai 56 ans, je suis entrepreneur depuis 20 ans et je dirige depuis 15 ans une agence web spécialisée dans le référencement naturel de sites internet à très forts enjeux commerciaux, dans des secteurs ultra concurrentiels, comme domicar par exemple, un tout nouveau projet dans le secteur automobile encore en phase de lancement.

Voici quelques autres articles je qu’ai rédigé sur le thème des effets destructeur du E-commerce Chinois sur l’économie Française